Air France a donc lancé hier une nouvelle compagnie…

La stratégie de contournement du nouveau PDG d'Air France
La stratégie de contournement du nouveau PDG d'Air France © Getty / Paul Souders

C’est la première décision forte du nouveau PDG, Jean-Marc Janaillac. Pour faire face à la concurrence et baisser les coûts d’Air France qui sont plus élevés que ceux de ses concurrents, il va créer une filiale, une compagnie bis, dont le nom est inconnu. Ce sera une compagnie à coûts réduits de 20 % qui effectuera des vols y compris sur longue distance. Son objectif est de rouvrir des lignes qui ont été fermées parce qu’elles sont déficitaires et d’en équilibrer d’autres qui sont dans le rouge. Et il y a beaucoup. Air France, on le sait, est prise en tenailles entre des low cost comme Ryan Air ou Easy Jet en France et en Europe et les grandes compagnies asiatiques et du Golfe sur le long courrier.

Le précédent PDG était en conflit avec les pilotes. Quelle est la tactique du nouveau patron ?

Il ne licencie personne, il attend tranquillement les départs en retraite des hôtesses et stewards, qu’il remplacera en embauchant du personnel de bord moins cher dans sa nouvelle compagnie. Cela s’appelle une stratégie de contournement. La SNCF a fait de même sur l’activité périphérique qu’est le transport de marchandises en créant Keolis. D’une certaine manière, France Télécom, devenu Orange, a changé petit à petit le statut de ses salariés de fonctionnaires en contractuels privés. Et c’est la voie suivie par Lufthansa scindée en deux avec, d’un côté, une flotte premium, et de l’autre, une flotte low cost. Quand on n’arrive pas à faire bouger une entreprise de l’intérieur, le contournement, c’est ce qui se passe. Ce qui est malin, c’est de ne pas toucher au statut des personnels en place. Mais les pilotes ont une fois de plus gagné.

Et pour les clients ?

L’enjeu n’est pas d’alimenter la guerre des prix des billets, mais la communication est faite, sera faite, sur les innovations. Air France réfléchit ainsi aux couchettes dans la soute et au-dessus de la cabine pour les passagers non claustrophobes de la classe économique !

Cela peut marcher ?

Oui. Mais on ne va pas abuser de la formule : le plan de la dernière chance, cela y ressemble un peu. C’est tout de même la quatrième tentative de relance et on en est à la 4ème marque française qui volera : Air France, Transavia, Hop ! Et donc celle qu’on appellera Air France bis. Quatre réacteurs pour voler, c’est bien, mais ça suffit.

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