Le marché automobile a légèrement reculé en septembre, avec une contre-performance de PSA Peugeot Citroën, dont les ventes ont plongé de 18%.

Oui, mais ces ventes qui plongent pour le groupe, ce n’est pas le problème d’un constructeur qui végète mais un problème, tout simplement, de … vis. Aussi incroyable que cela paraisse, et c’est pour cela que l’on en parle ce matin, le groupe PSA a été victime d’un accident industriel sur une pièce minuscule. Accident qui lui a empêché de produire 45.000 voitures. Que s’est-il passé ? Son fournisseur de vis, l’italien Agrati, a subi un gros bug informatique cet été, après la réorganisation de sa plate-forme logistique française. Concrètement, PSA a reçu les vis nécessaires à ses véhicules au compte-gouttes alors qu’il en arrive trois millions par jour en temps normal. Le groupe va essayer de rattraper le temps perdu, mais c’est un mauvais coup à un moment où la concurrence est énorme entre les trois constructeurs généralistes européens, PSA, Renault et Fiat.

Cet accident est aussi intéressant sur le plan industriel ?

Oui, il illustre bien la complexité et la fragilité de nos sociétés techno industrielles. L’interconnexion des productions avait déjà été mise en évidence au moment de Fukushima, quand une partie de l’industrie électronique mondiale avait été ralentie à cause des usines japonaises arrêtées. Renault a connu des déboires identiques à PSA il y a quelques mois. Chaque pièce, même la plus petite, est un élément d’un puzzle. Un seul défaut et tout s’arrête. On se souvient que la navette américaine Challenger avait explosé en 1986, causant sept morts et un milliard de dollars de pertes, à cause d’un joint à cinquante centimes. C’est moins dramatique, mais les industries sont fragiles à cause du travail en flux tendu, sans stock. La production est une immense toile d’araignée et dans les entreprises, les logisticiens ont pris une place considérable.

Comment les entreprises limitent-elles les risques ?

Pour simplifier leurs circuits, elles ont envie, et c’est ce qu’elles font ces dernières années, de réduire le nombre de leurs sous-traitants, de leurs fournisseurs, pour mieux les avoir à l’œil. Ces entreprises réduisent aussi le nombre de pièces nécessaires à un véhicule. Il faut savoir que dans une voiture, il y a des milliers et de milliers de pièces – 15.000 peut-être – qui viennent du monde entier. La même vis, le même amortisseur, est utilisé sur toute une gamme. Tout cela est plus simple, mais est plus risqué aussi. PSA a un seul fournisseur de vis, Renault en a trois. Au fond, il n’y a pas de solution miracle, mais ce qui est sûr est que le coût des voitures a baissé.

Conclusion ?

C’est l’occasion de saluer le métier d’ingénieur. On parle de la fragilité de l’économie faite par les commerciaux et de la finance faite par les financiers. Moins souvent du travail des ingénieurs, grâce auxquels les entreprises tournent, gagnent en productivité, et grâce auxquels, bref, la plupart des trains arrivent à l’heure.

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