Le gouvernement va annoncer aujourd’hui son plan pour l’usine Alstom de Belfort.

Manifestation des salariés d'Alstom au siège parisien
Manifestation des salariés d'Alstom au siège parisien © Maxppp / Vincent Isore

On en connaîtra le détail aujourd’hui, mais ce qui est intéressant c’est de voir qu’à côté de la menace de fermeture de cette usine, le climat dans l’industrie s’améliore un peu. Pour la première fois depuis 2009, cela fait six mois que les créations d’usine en France sont plus nombreuses que les fermetures. C’est le cabinet Trendeo qui calcule cela à partir des remontées d’informations locales. Bon, cet indicateur est à prendre avec des pincettes parce que l’ouverture d’une usine de quelques dizaines de salariés quelque part ne compense pas Aulnay qui met la clé sous la porte. Mais ce petit signal vert, c’est un signal. Au total, d’après ce baromètre, depuis 2009, il y a eu 1.895 fermetures et 1.290 ouvertures – le solde reste donc négatif. Au-delà du solde, cela dit combien l’économie est un corps qui bouge, qui est en perpétuel mouvement.

Les fermetures font plus de bruit que les créations d’emplois.

C’est une loi de l’information qui ne se dément jamais. Le plan initial du groupe Alstom consistait à supprimer 400 emplois de l’usine de Belfort. L’avenir de ce site a été évoqué dans une bonne centaine d’articles de la presse écrite nationale depuis un an. En revanche, les 460 emplois créés ou devant être créés par une nouvelle usine de l’entreprise Synutra à Carhaix, en Bretagne, ont été mentionnés six fois seulement. De quoi s’agit-il ? Mercredi dernier a été inaugurée la plus haute tour de séchage de lait d’Europe, 38.000 mètres carrés. Un investissement de 170 millions d’euros pour produire de la poudre de lait pour les bébés chinois. Un autre investissement (200 millions) est prévu pour du lait UHT. Ah oui, j’oubliais, Synutra est un groupe chinois. Le lait sera acheté à 800 éleveurs de la région. Vous voyez la différence de traitement.

Alstom est quand même un fleuron de l’industrie, avec le TGV…

Oui, mais -si j’ose- il y a des trains qui arrivent à l’heure dont on ne parle pas. On y reviendra demain sans doute, mais si le montage qui sera annoncé pour Alstom consiste à faire acheter par l’État directement des rames de TGV qui rouleront sur des lignes à 200 kms/h pour éviter au gouvernement d’assumer la fermeture de Belfort, si le montage est cela, il est préférable de parler aujourd’hui des usines qui ouvrent.

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