Ce matin : Guillaume Pépy qui veut poursuivre le chantier de la réforme de la SNCF.

Le patron de l’entreprise ferroviaire dévoile dans les Echos sa feuille de route pour les prochains mois. En clair, il s’agit de la mise en œuvre de la réforme votée au printemps après un long conflit et qui entrera en vigueur en 2020. C’est-à-dire au moment où la concurrence arrivera, celle de Transdev (connue aujourd’hui pour ses lignes de cars), mais aussi de Deutsche Bahn ou de l’Italien Trenitalia. 

Son discours c’est : il faut aller au-delà de la réforme pour améliorer la productivité de la SNCF, toujours insuffisante. Soyons concret. La réforme prévoit que l’entreprise va désormais recruter des salariés sous contrat privé classique, et plus sous statut. 

Eh bien, Guillaume Pépy souhaite faire évoluer le statut des 140.000 personnes qui sont actuellement à la SNCF. Comment ? Pour eux, pas de changement sur l’emploi garanti, le régime de retraite ou le droit syndical. En revanche, il souhaite revoir les avancements automatiques et la progression automatique des salaires. Il ne peut y avoir de SNCF à deux vitesses, dit-t-il, avec une petite carotte pour les nouveaux embauchés, qui seront payés plus cher, et une très grosse carotte pour tous les salariés, une enveloppe de un milliard d'euros pour former tout le monde.

Tout cela est sur la corde raide car la réforme ne devait rien changer pour les personnels en place. Mais c’est une négociation sociale, les syndicats négocieront.

Quelle est la stratégie ?

Le calcul de Pépy est logique économiquement : si la fin du statut ne s’applique qu’aux entrants, il faudra trente-cinq ans pour que la SNCF soit à égalité de conditions de concurrence avec le secteur privé. Elle risque d’y perdre des lignes. Mais attention à l’argument. Il y a encore 50.000 fonctionnaires ex-France Télécom chez Orange, et l’entreprise est diablement compétitive. Le patron de la SNCF et peut-être le gouvernement se disent que la CGT est sortie très affaiblie du conflit et que les Français ne supporteront pas une nouvelle grève. Et c’est vrai dans les deux cas.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.