Une question en ce jour de la rentrée scolaire : peut-on appliquer au système éducatif des critères de performance ?

La question paraît saugrenue le jour où douze millions de jeunes reprennent le chemin de l’école, du collège ou du lycée. Et où 850.000 personnels éducatifs découvrent leurs classes, avec joie pour certains, anxiété pour d’autres. Elle ne l’est pas (saugrenue) parce que le métier d’enseignant est un des plus difficiles qui soit, parfois mal payé, toujours compliqué, mais que la Nation est aussi de plus en plus exigeante. Elle veut savoir comment sont utilisés les 62 milliards d’euros qu’elle consacre à l’école, premier budget de l’Etat. Et les enseignants ont eux aussi le droit de savoir comment fonctionne le système, de connaître les objectifs qui leur sont fixés. Or, ces critères de performance existent. Dans des documents certes peu connus, disponibles sur Internet et actualisés sans cesse, le ministère des Finances présente des indicateurs.

Donnez-nous quelques exemples.

On va commencer par ce qui concerne les élèves. On apprend ainsi dans les documents budgétaires de Bercy que la proportion d’élèves qui entrent en sixième avec un an de retard au moins dépassait 14% en 2009 et 12% en 2011. Et que l’objectif est de 8% en 2013. On lit que 60% des enfants de cadres ont le Bac à l’âge « classique » (18 ans), contre 22% pour ceux des ouvriers. Terrible. D’autres exemples ? Un jeune de quinze ans sur cinq a des difficultés de lecture. C’est presque, hélas, le taux le plus élevé des grands pays européens. Des indicateurs et des objectifs de ce type, il y en a bien d’autres.

Certains concernent les enseignants ?

Les enseignants et le système dans son ensemble. On découvre que 85% des enseignants du primaire ont été inspectés au moins une fois dans les cinq dernières années, contre 72% seulement pour ceux du secondaire. Maintenant, si on regarde des critères de « performance » plus larges, on voit que le taux d’absentéisme des élèves est de 14% dans les lycéens professionnels – un sur sept - et de 3% au collège – c’est peu. Ou que, enfin, presque 40% des écoles comptent de une à trois classes seulement.

Bon, qu’est-ce que tout cela nous apporte ?

Il faudrait reprendre tout le tableau de bord et voir les moyens affectés aux objectifs. Prenons un seul exemple, le dernier évoqué : le nombre de petites écoles. C’est intéressant parce que l’Allemagne a fait un choix différent. Il y a moins d’établissements scolaires pour les plus jeunes qu’en France - même en tenant compte du fait que l’Allemagne est plus petite et qu’il y a moins de maternelles. Du coup, l’Allemagne économise des frais de bâtiment, d’entretien etc. On remarque aussi qu’elle paie mieux ses personnels d’éducation. On le voit, le nombre d’enseignants, considéré comme l’alpha et l’oméga des choix éducatifs en France, n’est pas le seul critère. Il ne faut pas avoir la religion du chiffre et les indicateurs peuvent être discutés, mais les objectifs et la comparaison internationale ne sont pas des mots qui doivent faire peur.__

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