Air France devrait annoncer aujourd’hui que sa filiale low cost, Transavia, va aller titiller Ryan Air et EasyJet sur les lignes européennes.

Oui, c’est exact et Air France va créer une filiale, Transavia Europe, avec des bases au Portugal et en Allemagne -pour commencer. Soyons concret. Aujourd’hui, on peut faire un Paris-Naples ou un Paris Venise pour 30 euros avec Transavia. La nouveauté, c’est qu’un Portugais de Lisbonne pourra demain, aller à Djerba ou Ibiza sur des avions de la filiale d’Air France, comme il peut le faire sur Ryan Air ou Easy jet. Air France se jette dans ce grand bain-là. Avant de voir cela de plus près, il y a quand même une question : pourquoi une entreprise comme Air France créé sa propre concurrence avec du low cost ? En réalité, on a l’impression qu’elles sont nombreuses à se tirer des balles dans le pied. Mardi, c’était la SNCF qui annonçait son projet dans le …covoiturage (le produit s’appellera IDvroom). Elle aidera la voiture face à son TGV ! Et Renault développe la gamme Logan, moins chère que les véhicules sous sa propre marque. Cela a l’air stupide, mais c’est la concurrence et l’innovation tout simplement. Et n’oublions pas qu’à la fin, des personnes qui ne pouvaient pas prendre l’avion ou le TGV parce que c’était trop cher, profitent largement de ces révolutions.

Le cas Air France est particulièrement intéressant.

Toutes les grandes compagnies aériennes, sur longue distance, sont face aux compagnies du Golfe comme Emirates. Tandis que les low-costs comme RyanAir cassent les prix en Europe. Alors, comment faire ? Air France monte en gamme sur les longues distances. Et baisse ses coûts pour le reste. Mais cela ne suffit pas. Il faut donc inventer autre chose. Cette autre chose, c’est de surfer sur la hausse continue du trafic loisirs (de vacances) pas cher, +3% par an. Transavia ne va pas mordre le gâteau d’Air France, de Ryan Air ou d’EasyJet, mais prendre une part d’un gâteau qui grossit. C’est la même chose dans l’auto : Dacia permet à des Européens qui n’achetaient que des voitures d’occasion d’acquérir leur première voiture neuve.

Cela peut marcher ?

Pas gagné. Transavia va tourner avec une cinquantaine d’avions, Ryan Air et Easy Jet en ont plutôt 200 ou 250 chacun. Il y a aussi la question sociale. Les pilotes accepteront-ils de revoir leurs conditions de travail ? Une grève est prévue le 15 septembre. On verra. Mais au fond, ce qui est passionnant dans cette affaire est que l’on mesure bien, quand on parle d’Air France, de Peugeot Citroën il y a quelques mois et de tant d’autres, (on mesure) combien ces entreprises jouent leur avenir chaque jour ou presque parce que tout bouge vite. On peut avoir une admiration pour ces groupes et ces salariés qui s’adaptent et inventent sans cesse.

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Le blog de Dominique Seux

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