Les cars Macron, un succès commercial, mais -pour l’instant en tous cas- un échec économique.

Les cars Ouibus ne font, pour l'instant, aucuns bénéfices
Les cars Ouibus ne font, pour l'instant, aucuns bénéfices © AFP / Denis Meyer / Hans Lucas

Cet été, encore, ces fameux cars ont transporté des centaines de milliers de passagers sur les grands axes routiers français, on les a tous vus sur les autoroutes : FlixBus, Ouïbus et Isilines, les trois opérateurs qui subsistent après deux ans de concurrence féroce. Six millions de passagers en 2016, sans doute plus cette année, qui bénéficient de prix extrêmement attractifs.

Mais ce qui est aussi intéressant, ce sont les chiffres financiers publiés il y a quelques jours, au coeur du mois d’août, par Ouïbus, qui est une filiale de la SNCF. Ils sont évoqués par le magazine Challenges et, ce matin, par Les Echos. L’année dernière, Ouïbus a enregistré des pertes égales à 45 millions d’euros soit autant que son chiffre d’affaires.

C’est évidemment énorme et absolument intenable sur le long terme puisque c’est la maison-mère, la SNCF, qui bouche les trous. Comment s’expliquent ces pertes ? L’entreprise explique qu’il a fallu acheter des cars qui coûtent 300.000 euros chacun, et réaliser beaucoup d’investissements. Elle estime que le plus dur est fait, que le marché se clarifie -on connaît mieux les trajets qui marchent bien- et Ouïbus table sur un déficit qui se réduit, avant l’équilibre financier, en 2019.

Est-ce normal d’accepter des pertes aussi importantes ?

Il y a beaucoup de critiques sur les cars Macron depuis le début. Ils déstabilisent la SNCF, ils polluent, c’est la dérégulation … La mairie de Paris y est tellement hostile qu’elle a mis toute la mauvaise volonté possible pour les gares de départ aux portes de la capitale.

Le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, estime lui que cette activité vaut le coup parce qu’il doit offrir toute une panoplie de transports et qu’il n’y a pas de raison de laisser le monopole des cars au concurrent allemand Flexibus, lui aussi en perte. En réalité, beaucoup d’activités naissantes sont en perte tant que le marché n’est pas mature -on le voit dans le numérique où Amazon est toujours dans le rouge sur son coeur de métier, le e-commerce.

Tout dépend de la patience des actionnaires. Mais tout ceci laisse présager deux choses pour les usagers, souvent des jeunes à qui la SNCF offre par ailleurs depuis peu un abonnement en illimité très attractif, le TGV max : 1- les prix vont remonter. 2-Ouibus disparaîtra si le redressement n’a pas lieu.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.