Ce matin : le retour inattendu du débat sur le pouvoir d’achat.

Oui, je parle d’un « retour inattendu » parce que, souvenez-vous, ces dernières années, le débat économique ne portait plus tellement sur le pouvoir d’achat, mais sur la compétitivité des entreprises.

Qu’est-ce qui change en cette rentrée ? Ce qui change est que nous avons connu trois années inédites depuis l’après-guerre, 2014-2015-2016, sans hausse des prix du tout, avec un petit redémarrage en 2017. Mais depuis un an, le prix du pétrole a augmenté de 50%, et avec quelques taxes ici ou là, l’inflation touche les 2%.

On avait oublié l’effet que cela faisait ! Voilà pourquoi l’attention revient sur le pouvoir d’achat et pourquoi les Français ne se contentent pas de dire merci à Emmanuel Macron pour la baisse des cotisations sociales et la taxe d’habitation, ils regardent le détail.

Où en est le pouvoir d’achat aujourd’hui ?

Il a baissé de 0,6% au premier trimestre, c’est acquis, c’est l’Insee qui le dit, avec par exemple la hausse de la CSG des retraités. Mais attention, l’Insee anticipe un rebond dès cet été et d’ici la fin de l’année, à condition que le pétrole ne reprenne pas l’ascenseur. En 2019, cela devrait se poursuivre.

Si les actifs salariés sont gagnants à coup sûr, la situation des retraités variera, c'est vrai, selon les situations, entre la sous-indexation des pensions et l’allégement de taxe d’habitation, mais ils ne seront en tous cas pas tous perdants. Bref, il y a des hésitations, mais les ménages n'ont pas de raison de penser que leur pouvoir d'achat va baisser. C'est même l'inverse.

Le gouvernement peut-il rattraper le coup ?

Sur le pouvoir d’achat, un élément ne dépend pas de lui, mais dépend des entreprises. Quand les prix redémarrent, les revendications salariales sont plus fortes et c’est logique, même s’il faut un peu de temps à l’allumage.

Pour le reste, l’idée de faire en deux fois, en janvier puis en octobre, la baisse des cotisations salariales n’était certainement pas une bonne idée, personne ne s’aperçoit de rien.

Alors, maintenant, la retenue à la source de l’impôt sur le revenu peut-elle mettre plus de brouillard dans ce paysage imprévu ? C’est ce que l'on entend beaucoup en boucle. Mais il ne faut pas non plus prendre les Français pour des imbéciles : ils savent faire leurs calculs sur leurs revenus. Dès lors, si les risques de bug sont levés, Emmanuel Macron n'a pas de raison de ne pas faire cette réforme.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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