07H20 : L’édito éco : Jean-Marc Vittori Les tarifs de l’assurance auto augmentent depuis quelques mois, et la hausse pourrait atteindre 3 à 5% l’an prochain… c’est ce que révèlent Les Echos aujourd’hui. Alors, pourquoi cette augmentation ? Les assureurs ont été prix à contrepied l’an dernier, et ils ne l’avaient pas du tout prévu. Ils s’en sont rendus compte en faisant leurs comptes : en 2009, leurs remboursements ont dépassé de 9% les primes qu’ils ont encaissées. Autrement dit, ils perdent de l’argent sur cette activité. Et ils ont aussi plus de mal à gagner de l’argent en plaçant leurs réserves sur les marchés financiers. Il est donc assez logique de relever les tarifs - difficile dans ces conditions de parler d’une augmentation scandaleuse. Mais pourquoi cette flambée des accidents ? Il y a pourtant moins de morts sur les routes … Oui, mais l’an dernier, comme le prix de l’essence avait baissé, nous avons plus roulé et nous avons eu davantage d’accidents avec des dégâts matériels. Et comme vous l’avez peut-être remarqué, les réparations coûtent de plus en plus cher. Mais ce n’est pas la seule raison. Il y a eu aussi eu beaucoup de tempêtes, de la grêle : tout ça, ça fait de l’argent en plus à sortir pour les assureurs. Et apparemment, cette année, tout ça ne s’arrange pas. Les assureurs ne trouvent-ils pas toujours d’excellentes raisons de relever leurs tarifs… ? Depuis 2004, les prix de l’assurance auto avaient diminué de 0,5 à 1% par an. Vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais c’est normal, on fait plus attention aux hausses de prix qu’aux baisses. C’est donc un vrai renversement qui se produit. Le problème, c’est que, au-delà de l’assurance, il y a beaucoup d’autres secteurs où les prix augmentent. On a appris hier que l’électricité devrait augmenter de 3% pour les particuliers dans dix jours. Le mois dernier, le gaz flambait de 9%. Et puis la montée la montée des matières premières, comme le fer et le blé, va bien finir par retomber sur notre tête de consommateur. Alors c’est le retour de l’inflation? Non, pas exactement. L’inflation, c’est un emballement généralisé des prix et des salaires qui finit par s’auto-entretenir. Là, il n’y a que certains prix qui augmentent, et les salariés sont au régime sec. Ca risque donc de peser sur notre pouvoir d’achat. L’an dernier, malgré la plus forte chute de la production depuis près d’un siècle, le pouvoir d’achat de la population française avait tout de même augmenté de 1,6% selon l’Insee. C’était l’effet du plan de relance, et aussi de la stabilité des prix. Cette année, il augmente moins vite. Et l’an prochain, à ce rythme, le pouvoir d’achat par tête risque même de reculer, comme en 2008 ou en 1984. Et quelles sont les conséquences d’une baisse du pouvoir d’achat ? Il y en a deux principales. La première est politique : ça rend le gouvernement impopulaire, même s’il n’y est pas pour grand-chose. La deuxième conséquence est économique : le pouvoir d’achat nourrit la consommation, et la consommation nourrit la croissance. Un pouvoir d’achat anémié, c’est une croissance au ralenti. Sauf – sauf si nous décidons de mettre moins d’argent de côté. Et c’est possible, parce que les Français sont devenus, parmi les habitants des pays développés, les champions de l’épargne.

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