Retour au Royaume-Uni. Six semaines après le Brexit voté par les électeurs, la Banque d’Angleterre abaisse son taux d’intérêt à 0,25%...

L’économie britannique va-t-elle dans le mur ? 

Pour l’instant, tout va bien ! Plus de 2% de croissance, 5% de chômage : François Hollande sauterait au plafond avec des chiffres pareils. Sauf que ça, c’est le passé. Rien ne va plus depuis le 23 juin depuis le vote du Brexit. Rien ne va plus… comme on dit à la roulette : personne ne sait pour l’instant où va vraiment la bille de l’économie britannique. Mais de l’autre côté de la Manche, les industriels, les consommateurs, les investisseurs disent tous la même chose : ça risque d’aller mal. Et à elle seule, cette crainte pèse déjà sur les décisions d’achat, et plus encore sur les investissements. La peur du ralentissement suffit à engendrer le ralentissement. Les économistes parlent de prophétie autoréalisatrice.

La croissance britannique pourrait donc disparaître ?

Pis encore. La plupart des prévisionnistes annoncent désormais une chute de la production dans les prochains mois. Et la Banque d’Angleterre a provoqué des moqueries sur les réseaux sociaux hier en estimant que la croissance résistera. Des esprits malicieux rappellent qu’elle avait envoyé le même message rassurant en août 2008, juste avant l’effondrement de la finance mondiale. En tout état de cause, le pays risque de connaître dans les deux prochaines années un recul de l’activité et une montée du chômage.

Les électeurs britanniques étaient-ils conscients de ce risque quand ils ont voté ?

Ils avaient en tout cas été prévenus. La très grande majorité des économistes avaient tiré la sonnette d’alarme, publié des pétitions, multiplié les avertissements dans les médias. Mais il n’y a pas que l’économie dans la vie. Les électeurs ont fait un choix politique, quitte à en payer le prix. C’est ainsi que fonctionne la démocratie.

Et pour nous, les Français, qu’est-ce que ça change ?

Pour nous, c’est un peu différent. Nous n’avons pas voté, mais nous subissons. L’incertitude augmente, ce qui rend les décisions plus difficiles. Les exportations de la France vers le Royaume-Uni, notre cinquième client, vont se tasser, d’autant plus que la chute de la livre britannique rend les produits français plus cher pour les Anglais. Et à Bruxelles, l’Europe avance encore moins vite qu’avant. Le projet de brevet européen est en rade. L’Italie et l’Espagne vont se chamailler pour récupérer l’Agence européenne du médicament basé à Londres. Les Britanniques avaient freiné l’Union quand ils étaient dedans. Ils la freinent encore en la quittant. Ils sont vraiment trop forts.

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