Pourquoi est-ce une décision marquante ? Cette fermeture est le formidable révélateur d’un monde économique qui change très vite.

Usine fermée par Samsung en Chine
Usine fermée par Samsung en Chine © AFP / Li shengli / Imaginechina / Imaginechina

Le géant coréen de l’électronique Samsung avait ouvert cette usine il y a moins de 20 ans parce que les salariés chinois étaient payés une misère. Aujourd’hui, les coûts salariaux dans l’est de la Chine sont presque aussi élevés qu’en Corée du sud ou aux Etats-Unis

Samsung avait aussi vendu massivement à l’étranger les ordinateurs fabriqués dans cette usine, qui étaient devenue l’une des premières exportatrices de Chine, avec plus de 6 000 ouvriers qui y travaillaient. Aujourd’hui, les tensions commerciales entre l’Empire du Milieu et l’empire américain font craindre le pire. 

Enfin, l’épidémie de coronavirus a révélé que les chaines de production comme celles-ci, où les composants viennent de nombreux pays pour être assemblés, sont très fragiles et il faut donc les recomposer.

Où Samsung va-t-il produire ses ordinateurs ? 

Pas très loin de la Chine, puisqu’il va au Vietnam, où il avait déjà déplacé sa production de smartphones. Le Vietnam est d’ailleurs l’un des grands gagnants de la guerre commerciale entre Pékin et Washington. Derrière, c’est en fait une division du travail qui est en train de se mettre en place à l’échelle de l’Asie. 

  • L’électronique grand public au Vietnam, 
  • l’automobile en Thaïlande, 
  • les centres d’appel aux Philippines, 
  • les machines en Corée et au Japon… 

La Chine usine du monde est une image d’Epinal d’un passé révolu

Est-ce à dire que l’Europe et la France peuvent espérer attirer à nouveau des usines ? Pour l’instant, ce n’est pas le cas. La partie se joue en Asie et aux Etats-Unis

Mais ce qui est sûr, c’est que les cartes de la production et du commerce mondial vont être redistribuées dans les années qui viennent, pour toute une série de raisons, à la fois sanitaires, géopolitiques, techniques, écologiques. Même si la France et l’Europe ne sont pas en pointe dans la high-tech et les biotechs, elles ont de beaux atouts à jouer, y compris dans ces domaines, et aussi dans la transition énergétique. 

Mais pour ça, il faut avoir une vision, une volonté, de la continuité. Pour que les usines deviennent plus efficaces, il faut aussi multiplier les robots au lieu de s’en méfier. Il faut enfin améliorer le niveau de formation, pour justifier des salaires élevés. 

Rien de tout cela n’est impossible. Il est même raisonnable de croire que toute une série de changements récents, en France et en Europe, vont dans la bonne direction.

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