Ce matin, la compétitivité de la France vue par une multinationale étrangère très présente en France. Et cela a un lien avec la présidentielle.

Il s’a git d’une note rédigée par une grande entreprise mondiale installée en France depuis longtemps, qui ne m’est pas parvenue par des voies officielles. Je ne donne pas son nom, il n’y aucune raison de l’embarrasser. C’est une note interne, probablement à destination du siège américain, (siège) qui a peut-être demandé à sa filiale française un point avant la présidentielle. Elle a envie de savoir où en est la France, ce qui peut se passer, y compris si des ministres communistes faisaient leur entrée dans un gouvernement de gauche. Attention : on n’y lit pas de scénario catastrophe et alarmiste - comme les fantasmes, en 1981, sur l’arrivée des chars russes place de la Concorde. On y trouve une analyse, pas caricaturale - ce qui fait son intérêt -, de la situation économique.

Quel est le constat aujourd’hui ?

Les points positifs et négatifs de la France, les + et les -, s’équilibrent. Du côté des +, cette multinationale cite (en vrac) la productivité des salariés, la qualité de la recherche publique, le prix de l’électricité, la large diffusion de l’Internet haut débit. Et, plus surprenant, des inégalités de revenus moins fortes qu’ailleurs – je n’ai pas l’explication, c’est sans doute vu comme un facteur de stabilité. Et du côté des - ? On trouve l’évolution du coût du travail depuis dix ans, la complexité record du droit du travail, le niveau des impôts sur les entreprises plus élevé qu’en Allemagne. Plus étonnant, est pointé le trop faible nombre de diplômés de l’enseignement supérieur (moins qu’en Corée). Ou encore la pénurie de certains ingénieurs mais aussi l’incapacité à réduire les inégalités sociales par l’éducation. Voilà les + et les -.

Et alors, quid de la campagne présidentielle ?

Dans cette note, pas de note politique des candidats, cela aurait été plus drôle ! Mais quatre risques pointés du doigt, en tous cas vus comme cela par une multinationale. Un : le risque de renchérissement du coût du capital (des investissements), si la France devait être touchée par une crise du type espagnol liée à la dette. Hier, l’écart de taux d’intérêt France-Allemagne était de plus de 1% ; il était égal à zéro avant la crise. Deuxième élément : le risque de perte de la crédibilité sur les finances publiques. Troisième : le niveau des impôts s’ils montent. Dernier risque : celui d’un repli sur les frontières.

Bon, faut-il écouter les conseils d’une multinationale ?

Le regard des entreprises étrangères n’est pas l’alpha et l’oméga. De toute façon, elles ne votent pas ! Mais il a le mérite de rappeler que la présidentielle ne se joue pas hors sol, elle doit tenir compte des réactions. Les sociétés étrangères en France, ce sont des millions d’emplois. Pour prendre une image, c’est comme le tennis à Roland-Garros : il faut avoir des champions qui viennent jouer en France, peu importe qu’ils soient français ou non, pourvu qu’ils créent de la croissance et monte le niveau. Où les joueurs étrangers poussent-ils la balle électorale ? Chacun choisira mais, ça n’est pas très compliqué à trouver.

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