Carlos Tavares, le patron du PSA Peugeot Citroën, présente ce matin le plan stratégique du groupe automobile. Vous l’avez lu.

Il y a un mois, l’entreprise marquait sa renaissance en affichant ses premiers bénéfices depuis cinq ans. Carlos Tavares et les salariés atteignaient leurs objectifs avec deux ans d’avance. Mais ensuite? Quelle direction pour PSA pour l’avenir ? La réponse de l’entreprise tient en deux mots : accélération et petit coup de volant. L’accélération, c’est la sortie d’une trentaine de nouveaux modèles d’ici 2021. Un par an, par région et par marque -Peugeot, DS et Citroën. L’accélération, c’est des usines supplémentaires en Algérie, au Maroc et en Asie du Sud-Est. C’est de viser le million de véhicules vendu en Chine. L’accélération, c’est de remettre un pied aux Etats-Unis -disons le bout d’un doigt de pied. Bref, c’est d’augmenter partout le chiffre d’affaires et la rentabilité parce que, dixit Tavares, il y a encore des économies à faire partout. On espère pas trop sur l’emploi.

Mais vous avez parlé aussi de petit virage.

Oui, ce qui frappe, c’est la volonté de diversifier le groupe. PSA, comme les autres constructeurs, se pose la question: la voiture va-t-elle rester un objet de désir, que les gens ont envie d’acheter, de posséder (même si elle reste dans le garage 22 heures sur 24), ou deviendra-t-elle un objet qu'on utilise sans s'y attacher et qu'on peut prêter, louer, partager ? Cette question ne concerne peut-être que les bobos parisiens, et pas ceux loin des grandes villes -mais quand même l’attitude des jeunes évolue. Du coup, un constructeur doit, soit proposer des services en plus, soit se mettre sur ces nouveaux métiers. PSA va donc se lancer vraiment dans le commerce de voiture d’occasion (avec un site Internet), dans la réparation légère moins chère que les vrais garages Peugeot et encore dans la vente de pièces détachées à prix cassé. Il veut concurrencer Speedy, le Bon Coin et Amazon, rien que ça ! Ce n’est pas tout. Le groupe va organiser le partage des voitures en proposant des technologies ad hoc aux propriétaires : envoi des clés numériques par SMS ou mail pour qu’on puisse récupérer n’importe où un véhicule loué à un autre particulier et géolocalisé. Je résume : PSA va s'ubériser lui-même. Ne soyons pas dupe : la priorité de PSA reste de vendre des voitures. Mais le constructeur cherche à ouvrir d'autres voies. Bravo pour ça.

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