L’administration Trump envisage un renforcement des contrôles pour l’entrée sur le territoire américain, qui concernerait aussi les Français.

Selon des informations du Wall Street Journal, la Maison-Blanche envisage de demander aux visiteurs étrangers, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, bien d’autres choses que leur passeport et leur visa pour passer la frontière. Les passagers atterrissant aux Etats-Unis pourraient être contraints de transmettre leurs contacts téléphoniques à la police et les services de l’immigration pourraient leur demander les mots de passe d’accès aux réseaux sociaux, Facebook et autres, afin de vérifier les messages privés. Enfin, des informations bancaires pourraient même être exigées. Ces mesures n’en sont apparemment qu’à un stade très préliminaire, il est tout à fait possible que la Maison-Blanche cale, que la justice bloque le projet. Mais outre la faisabilité douteuse d’une pareille proposition qui va bloquer les aéroports, outre son inefficacité probable contre le terrorisme parce que les vrais méchants se débarrasseront de leur téléphone, outre son côté liberticide, le simple fait que cette hypothèse soit envisagée dit quelque chose sur la mondialisation.

C’est-à-dire ?

Les incertitudes sur l’avenir de la mondialisation portent toujours sur les échanges de marchandises, commerciaux. Après avoir progressé pendant quinze ans à un rythme très soutenu, ils ralentissent depuis 2008, et la question est de savoir s’ils vont diminuer, ce qui serait le signe d’une démondialisation – on en est pas là. Mais les barrières mises à la circulation des personnes -et la proposition de Trump aboutirait à freiner le tourisme et les voyages économiques, et il envisage aussi de limiter l’immigration qualifiée dans la Silicon Valley- (ces barrières) seraient d’une tout autre nature. A l’extrême, elles conduiraient à une démondialisation des échanges humains, des savoirs, de la culture etc. Et ce serait, peut-on bien plus inquiétant encore.

Dominique Seux publie aujourd'hui « La France va s’en sortir », chez Grasset

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