Dans le conflit à la SNCF, il n’y a pas que le statut des cheminots qui fâche, il y a aussi la question de la dette…

Une question à 50 milliards, ce n’est pas rien, et qui suscite, croyez-moi, de vifs débats au sein du gouvernement. Edouard Philippe s’est un peu avancé il y a un mois en assurant que l’Etat « prendrait sa part de responsabilité » sur la dette, à condition que la SNCF réduise ses coûts. Un donnant donnant qui permettrait à l’entreprise d’alléger ses frais financiers et d’investir davantage. L’affaire n’est pas neuve : une partie du fardeau remonte à… 1997. Un certain Alain Juppé avait caché sous le tapis 20 milliards de dettes de la SNCF en les transférant à une nouvelle entité, Réseau ferré de France. Vingt ans après, la dette du ferroviaire français a plus que doublé, la concurrence arrive et la situation devient intenable. Voilà pourquoi l’Etat devrait satisfaire une revendication partagée, pour une fois, par la direction de la SNCF et par les cheminots.

Sauf que pour l’instant, ça coince…

Oui, parce qu’une reprise directe par l’Etat ferait grimper la dette de la France qui se rapproche dangereusement des 100% de PIB. Plus grave, le déficit dévisserait alors que l’on vient enfin de revenir sous les 3%. Inacceptable, donc. Et puis à Bercy comme à Matignon, certains s’inquiètent d’un chèque en blanc donné à la SNCF. D’où ce scénario à l’étude : la dette logée au sein de SNCF Réseau serait transférée dans un nouvel établissement public, une sorte de structure de défaisance, mais qui resterait dans le groupe SNCF. Vous me suivez toujours ? Bon en clair, le gouvernement cherche à reprendre la dette sans la reprendre vraiment. Pour ne pas payer l’addition d’un coup et pour maintenir la pression. Mais c’est un peu la quadrature du cercle. Or Eurostat, l’Insee européen, préfère les choses carrées et risque de dégrader quand même les comptes de la France. Sans oublier un dernier détail, si l’on peut dire : qui paiera la facture ? A priori, le contribuable. On comprend que le dossier traîne un peu. Mais le temps est compté, les syndicats comme les parlementaires attendent des réponses.

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