Vous évoquez l’ouverture, aujourd’hui, d’un nouveau gigantesque portail Internet public, sur lequel on trouvera 700.000 données.

Jour J pour - retenez bien cette adresse - data.gouv.fr. Après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, la France se lance dans ce qu’on appelle l’open data, autrement dit l’ouverture de données publiques. Autrement dit encore, une sorte de Wikileaks contrôlé. L’open data, des villes comme Paris et Rennes en ont été précurseurs. Mais sur ce site national, on trouvera, oui, plus de 700.000 jeux de données, autant qu’aux Etats-Unis. Chacun pourra ainsi consulter des statistiques sur l’ensemble des communes françaises. Ce projet avait été lancé par le gouvernement il y a quelques mois et a été mené rondement par une petite équipe. Nicolas Sarkozy, qui visitera demain les nouveaux locaux parisiens de Google, en parlera sans doute.

Concrètement, que trouvera-t-on sur ce portail ?

Il faudra regarder le détail du portail pour savoir ce qui est nouveau et ce qui est de la compilation de données éparses. En vrac, on trouvera les coordonnées géocodées (latitude et longitude) des services publics, partout, avec les horaires d’ouverture ; l’ensemble des passages à niveau, avec un historique de tous les accidents corporels ; les subventions aux associations ; les chiffres locaux de la délinquance ; les mesures de la qualité de l’air, les rejets polluants. Certains aimeraient publier encore les performances des écoles, ou le temps d’attente d’un logement social. Hélène Chevallier nous dira demain matin (chronique à 6H54).

Une question simple : pourquoi en parler dans un édito économique ?!

Parce que l’open data en général apporte deux éléments à la démocratie et à l’économie de marché. A la démocratie, il apporte la transparence – chacun peut vérifier l’action publique ; aux acteurs économiques, particuliers comme entreprises, il apporte de l’équité dans l’accès à l’information. Tout le monde aura accès aux données d’urbanisme d’une ville, aux données financières, fiscales, chacun est à égalité. Un exemple : il n’est pas normal que jusqu’à présent, chacun, pour se situer dans la hiérarchie des salaires, n’ait d’autre choix que de consulter le site privé d’un économiste, Thomas Picketty. Mais attention, il y a des conditions pour que cet open data mérite son nom. Dans les pays nordiques, vous trouvez paraît-il les notes de frais des ministres. Il faut un équilibre entre la dictature de la transparence et un faux open data, à la soviétique.

Quelles conditions ?

Il faut qu’il y ait assez de données vraiment nouvelles. Ensuite, le mode d’emploi doit être clair, parce que si les informations mises en ligne sont brutes de décoffrage, on ne peut rien tirer de millions de chiffres non triés. Enfin, l’idéal serait un droit opposable, en clair que vous, moi, chacun puisse demander, devant un tribunal, la publication de certaines données. Pour que l’administration ne soit pas seul juge. Donc, bravo a priori, mais l’histoire n’est pas finie, c’est une révolution en marche.

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