Ce matin, une petite bombe : un rapport officiel propose une réforme du Smic, le salaire minimum.

Oui, c’est un rapport remis au gouvernement, transmis ou qui va l'être aux partenaires sociaux, et  qui émane d’un groupe d’experts chargé, chaque année, d’émettre un avis sur la revalorisation du Smic. Ce comité technique est constitué de plusieurs économistes, il est présidé par Gilbert Cette. Premier point : si aucun coup de pouce n’est donné par Emmanuel Macron, le smic horaire augmentera de 1,1-1,2% au 1er janvier, à 9,87 euros, plus très loin des 10 euros de l’heure. Soit quasiment 1.500 euros brut par mois pour un salarié à temps complet. Cette revalorisation annuelle est liée à l’évolution des prix mais il y a un petit plus, l’évolution des salaires ouvriers. Plus d’un million et demi de salariés sont directement concernés. 

Second point : c’est justement sur ce terrain que le groupe d’experts préconise un changement frappant, avec une désindexation totale ou partielle du smic, pour revoir le caractère automatique des revalorisations. Evidemment, c’est important. L’argument, connu et ancien, est double. Le smic brut français est plus élevé qu’ailleurs, en niveau et par rapport au salaire moyen. De nombreuses études ont montré un effet défavorable sur l’emploi. Mais cette fois-ci, le rapport d’experts ajoute autre chose, courbes et chiffres à l’appui : ce n’est pas la hausse du smic qui lutte le mieux contre la pauvreté de ceux qui sont sous le taux de pauvreté, il est bien plus efficace de relever la prime d’activité, une aide sociale. Voilà en fin de compte si on la décrypte, la proposition centrale : un smic qui suit l’inflation, pas plus.

Le gouvernement peut-il suivre ces propositions ?

Dans un pays où le taux de chômage est un des plus élevés du monde développé, il devra les regarder de près. Les experts ont écarté deux pistes autrement plus radicales : un smic par région, en fonction du coût de la vie, et le smic-jeune. Leur raisonnement, intellectuellement, se tient : le smic est plus élevé qu’ailleurs et pour le rendre supportable par les petites entreprises, il y a des allègements du coût du travail qui finissent par coûter les yeux de la tête et qui grimpent chaque année. En revanche, politiquement et socialement, ces propositions paraissent impossibles après les mesures fiscales du budget 2018.

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