Depuis jeudi dernier, l’arrivée de David Beckham au PSG et son statut vous titillent. Et vous vous demandez : scandale ou pas scandale ?

Oui, parce que la réponse n’est pas évidente. Le statut financier hors normes et sur mesure de cette opération est tellement particulier que l’on hésite entre trois attitudes : y voir une combine pour échapper à l’impôt ; admirer une belle opération de communication ; ou, tout simplement, prendre une belle leçon de générosité que seuls les mauvais coucheurs et les « pisse froid » auront à cœur de critiquer. Donc, on hésite. En revanche, ce que l’on est en droit de souligner est le deux poids deux mesures entre le traitement réservé à David Beckham et d’autres acteurs économiques.

Les faits d’abord. Que sait-on du statut financier de Beckham ?

Première étape, la conférence de presse au cours de laquelle le joueur explique que pendant les cinq mois de son contrat au PSG il reversera sa rémunération, que l’on évalue à 800.000 euros par mois, à une association. Les yeux mouillés d’émotion, on dit chapeau et bravo !

Et second temps ?

Le journal Le Parisien de samedi puis Le JDD de dimanche nous apprennent que tout a été calculé pour ne pas payer d’impôt en France : la durée du contrat, moins de six mois, le versement d’un salaire au sens strict de 2.200 euros par mois ; le reversement à des œuvres caritatives par le club du vrai salaire, qui sera exonéré de charges sociales. S’il avait été résident en France, le sportif aurait payé des impôts sur ses 34 millions d’euros de revenus, et même l’ISF. Les droits dérivés du marketing, les maillots etc., devraient être taxés à Londres.

Quelle lecture faites-vous de ce choix, de ce montage ?

Il est difficile de savoir si le Qatar va payer en plus Beckham directement à Londres pour sa prestation en France. La seule certitude est que le sportif aura une activité génératrice de valeur ajoutée en France, qu’il ne veut pas être taxé en France et il ne le sera pas. Le parallèle, ce n’est pas Depardieu, mais Arthur Laffer, qui n’est pas un footballeur mais l’économiste libéral américain pour qui « trop d’impôt tue l’impôt ».

Bon, mais qu’est-ce qui vous heurte ou vous titille là-dedans, comme vous dites ?

Deux réflexions. Un : on ne peut pas en vouloir à Beckham, qui est unique et qui a eu la même stratégie aux Etats-Unis. Mais on peut trouver l’opinion française, les commentateurs et le gouvernement étrangement béni oui-oui et complaisants. Quand un joueur dit, T-S-I-F, tout sauf l’impôt en France, cela passe comme une lettre à la poste et tapis rouge et il faut se prosterner ; en revanche, quand un chef d’entreprise, un créateur d’activités, se permet d’émettre seulement des remarques sur la fiscalité en France, tout le monde lui tombe dessus et certains veulent même les priver de passeport. Seconde remarque. Cette affaire met en évidence les trous dans la législation puisqu’il suffit de résider quelques mois ici puis là pour échapper au droit commun. Cela vaut pour les sportifs ou des financiers de haut vol. Les trous dans le filet sont-ils trop gros ou le filet trop serré ? Vaste débat !

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