La ritournelle est connue : la mondialisation, les lobbys, la complexité, etc. empêchent de changer les choses. Ce n'est pas toujours vrai et c'est même parfois faux. Exemples.

Le Palais de l'Elysée
Le Palais de l'Elysée © AFP / Ludovic MARIN

C’est une chronique optimiste qui veut montrer que les responsables politiques ne sont pas toujours aussi impuissants qu’on le croit et le dit. Vous connaissez la chanson : avec la mondialisation, avec l’Europe, avec la complexité des choses, avec le scepticisme général qui mine les démocraties, les dirigeants ont les bras et les jambes coupés. Ils ne peuvent plus agir. Et on répète qu’avant (le fameux "avant") c’était mieux, plus simple de changer le cours des choses. 

Eh bien, ce n’est pas toujours vrai

La preuve : 

  • Prenez l’apprentissage. Depuis des années, la France se plaint de ne pas être au niveau sur ce système qui permet aux jeunes d’accéder au marché du travail en alternant formation et travail en entreprise. On a appris hier qu’une profonde réforme et l’action des filières professionnelles et des régions ont permis que le nombre d’entrées en apprentissage grimpe de 16 % l’an dernier.
  • Si on les cherche, des exemples, il y en a finalement beaucoup. En vingt ans, l’amélioration de la sécurité routière a été spectaculaire par une action multi-partisane : la politique sauve donc des vies. 
  • Le tabagisme recule franchement parce que des réglementations drastiques ont été prises : la politique change donc la donne. 
  • Plus anecdotique ? Les normes européennes qui ont interdit depuis dix ans les ampoules à filament puis halogènes, les normes sur les émissions de CO2 des voitures, les contraintes sur la qualité de l’eau des rivières... À chaque fois, il y a des résultats sur la consommation d’énergies ou les pollutions. 

Ce sont des petites choses, direz-vous. Voilà des actions fortes. 

Quoi qu’en en pense, les 35 heures de Jospin ont changé la vie au travail. L’euro de Chirac a changé l’Europe. L’autoentrepreneur de Sarkozy a changé le rapport que nous avons avec l’initiative. Le CICE de Hollande a rendu de la compétitivité aux entreprises. Parcoursup de Macron facilite l’orientation des étudiants. 

Et grâce à la politique internationale, le secret bancaire et les paradis fiscaux ont perdu des batailles depuis 2008. 

Y a-t-il une règle contre l’impuissance ? 

C’est de ne pas avoir peur et, surtout, de savoir que celui qui sème récolte rarement, c’est-à-dire que les fruits politiques s’apprécient dans la durée, qu’ils tombent rarement dans l'escarcelle du semeur et qu’il est fréquent que personne, jamais, ne remercie celui ou celle qui a pris un risque.

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