En économie, 2009 démarre vite. Barack Obama rencontre dès aujourd’hui les dirigeants du Congrès américain pour parler de son plan de relance. Et il s’est installé hier à Washington, dans un hôtel à côté de la Maison-Blanche. D’ailleurs, avant toute chose, la façon dont le monde suit cette installation pas à pas montre que si l’élection de Barack Obama a été l’événement phare de la fin 2008, sa prise de fonction est bien la plus attendue depuis peut-être 50 ans. Et on est forcé de se dire que face au système américain, le système de présidence tournante en Europe, avec les Tchèques aux commandes, apparaît, disons, pour rester poli, aberrant dans cette période. Alors, on peut dire que les difficultés vont commencer aujourd’hui pour Obama. Pourquoi ? Jusqu’ici, il est resté dans le flou sur son plan de relance. On ne connaît toujours pas le montant de l’enveloppe, 775 milliards de dollars, mais peut-être 850 ou même 1 000. Samedi, le président élu a redit qu’il visait 3 millions d’emplois en deux ans. Il a parlé d’investissements dans les routes, les écoles, les réseaux d’énergie, de réductions d’impôts et de couverture santé. Tout ça doit être précisé et déjà, plusieurs questions se posent. La première : peut-il avoir un consensus sur son programme ? Ce qui est compliqué, c’est qu’il a promis beaucoup de choses et qu’il risque de décevoir. Il y a peut-être la déflation des prix, mais il y a l’inflation des promesses. Cela dit, son atout-maître, c’est la situation déteriorée de l’économie américaine. L’objectif d’Obama - il l’a dit samedi - c’est d’empêcher que le chômage passe la barre des 10%, comme un vulgaire pays européen (ça, il ne l’a pas dit). C’est donc pour chercher ce consensus qu’il va rencontrer aujourd’hui les présidents de la Chambre des Représentants et du Sénat et les dirigeants républicains. Il a besoin de quelques voix républicaines et si tout le monde est d’accord pour un plan keynésien, l’idée que le déficit budgétaire atteigne 1 000 milliards de dollars cette année leur fait peur comme l’embauche de 600 000 fonctionnaires. Et puis, Obama est très pressé mais le Congrès veut être respecté. Mais il y aura d’autres choix à faire. Et les arbitrages ne seront pas faciles. On sent déjà qu’il y a des questions débattues. Par exemple, faut-il mettre le paquet, comme croit le savoir le "New York Times", sur l’assurance santé et l’indemnisation du chômage pour soutenir la consommation ? Dans quelle mesure la relance peut-elle être verte ? Des conseillers estiment que ce n’est pas le moment de renchérir les coûts de l’industrie. Deux autres difficultés peuvent être mentionnées. Le nouveau président aura un vrai problème avec les constructeurs automobiles. Des milliards leur sont versés mais ils leur seront repris s’ils ne se redressent pas, si les syndicats, par exemple, n’acceptent pas des baisses de salaire fortes. Pas facile pour les Démocrates. Et il y a la question du protectionnisme. La sidérurgie exige que le plan privilégie l’acier américain. La guerre commerciale n’est pas la meilleure voie, mais la majorité démocrate y est sensible. Obama pourra-t-il résister ? Les illusions vont-elles s’envoler ? Non, mais cela ne sera pas un tapis rouge ou un lit de roses. Cela dit, la situation est exceptionnelle et l’éternel sourire de Barack Obama est trompeur. Après tout, il a battu les deux politiciens les plus chevronnés des Etats-Unis, Hillary Clinton et John McCain. Il peut réussir l’impossible parce qu’il le doit.

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