Des statistiques ont confirmé hier que les prix de l’immobilier ont battu des records en 2010, avec des hausses de presque 9% en France et de même presque 20% à Paris.

Mais une autre information importante est que cette hausse semble s’être concentrée au premier semestre et se tasser au second, selon les données publiées hier par le réseau immobilier Century 21. Depuis l’été, les prix n’auraient grimpé « que » de 1%. Les optimistes diront que la fièvre se calme. Les pessimistes penseront que 1%, c’est toujours une hausse, surtout si –comme c’est le cas– la prévision pour cette année est d’environ encore + 3%. En réalité, peu importe. Car qu’il s’agisse des notaires, des agences immobilières ou d’autres experts, le diagnostic est le même : les prix des logements restent installés sur des records après 10 ans de hausse. Ils sont depuis longtemps, si on essaie de comparer leur évolution à celle des revenus, sortis de la trajectoire constatée grosso modo entre 1965 et 2000. La conclusion ? Simple. Avec le chômage, le prix des logements va constituer, pour un nombre important de Français, un des deux sujets majeurs de cette année.

Et c’est vrai partout et pas seulement à Paris ?

La folie est à Paris, mais le tournis est général. Même s’il y avait un petit effritement, on parle bien de records. Selon Century 21, un appartement ancien se vendait fin 2010 en France 3.300 euros le m2, soit plus du double du prix payé en 2000. Evidemment, ce chiffre moyen recouvre des réalités variables. Sur douze mois, les prix sont restés quasi-stables à Marseille, en Normandie ou en Franche-Comté ; dans d’autres régions, la hausse a simplement effacé la baisse de 2008-2009. Tandis que Paris est une nouvelle fois atypique, avec un m2 pas loin de 7.950 euros – en gros, cela veut dire que des toilettes y coûtent le prix d’une Fiat Panda ! Mais encore une fois, rapportés au revenu, les prix sont historiquement élevés partout, en tous cas dans les centres urbains.

S’agit-il d’une bulle qui peut se dégonfler bientôt ?

C’est d’abord un boulet dramatique pour les ménages peu aisés et des classes moyennes, et surtout les jeunes. La dette immobilière des ménages a doublé en dix ans ! C’est une bulle parce que ces hausses sont alimentées par des taux d’intérêt bas qui ne vont pas le rester et par la valeur refuge de l’immobilier quand la Bourse flanche. Une bulle si on se dit qu’il y a un moment où les acheteurs ne suivront plus. Mais ce n’est pas une bulle si on considère que la flambée est aussi provoquée par les divorces, l’allongement de la durée de la vie, le fait que l’on vit davantage seul et un retour vers les villes. En Ile-de-France, les trentenaires partis en banlieue il y a vingt ans reviennent à Paris parce qu’ils n’en peuvent plus des bouchons et de la médiocrité des transports collectifs. Au fond, si la bulle n’a pas éclaté avec la crise, c’est qu’elle est solide !

Au final, y a-t-il des solutions ?

On les connaît : on ne construit pas assez, les terrains ne se libèrent pas, les hauteurs sont limitées, les règles d’urbanisme complexes. Quand on se promène à Paris, on est toujours impressionné par l’importance des friches autour des gares. Bref, les ministères de l’Economie, du logement, de l’equipement et les élus locaux gagneraient à se parler davantage. Les prix du logement, voilà, pourquoi pas, un beau sujet de Grenelle avant 2012 !

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.