Hier, les marchés financiers ont démarré l’année dans le rouge, sur fond d’inquiétude chinoise.

Les mouvements des marchés boursiers doivent être regardés non pas pour eux-mêmes, c’est le yo-yo permanent, mais pour ce qu’ils disent. Mais ce qui s’est passé hier illustre une fois de plus qu’il n’y a qu’une seule planète financière. C’est la Bourse de Shanghai qui a dévissé de 7% hier et qui entraîné Francfort, Paris, New-York et bien d’autres à la baisse. La Bourse de Shanghai, ça a l’air exotique et lointain mais pas tant que ça : elle est presque aussi importante que Tokyo et si vous prenez toutes les bourses chinoises (avec Shenzhen et Hong Kong), elles représentent le double de Paris + Francfort. Quand même !

Bon, mais qu’est-ce qui se passe ?

Ce matin, à la minute où je parle, ça continue à baisser un peu. Les milieux économiques s’inquiètent depuis des mois à la fois de la situation de l’économie chinoise et de la capacité des autorités à trouver les bonnes solutions. L’activité industrielle ralentit, le transport ferroviaire aussi, des immeubles construits à la va-vite sont vides dans beaucoup de villes, bref, on n’est pas plus à 10% de croissance, c’est sûr, mais à combien est-on ? 2-4-6% ? Le gouvernement, lui, assure, que tout est sous contrôle, qu’il réoriente l’économie vers plus de consommation et de valeur ajoutée, et moins d’industrie lourde – et que c'est normal que cela tangue. Ce qui est sûr est qu’il doit piloter une économie de un milliard et demi d’habitants !

Est-ce que 2016 va être marquée par des turbulences financières ?

C'est possible. Regardons les plaques tectoniques. Après des années de grand n’importe quoi dans le capitalisme anglo-saxon, il y a eu la crise américaine en 2008-2009 qui a fait tache d’huile partout (et les leçons n’ont pas toutes été tirées) ; puis il y a eu entre 2010 et 2014, la crise spécifiquement européenne en rapport, elle, avec l’accouchement difficile de l’euro. Et maintenant, on a des pays émergents (Chine, Brésil), énormes, qui ont émergé (et leur niveau de vie aussi) et qui doivent digérer leur émergence. La bonne nouvelle (relativement) est que l’Europe n’est plus au cœur du cyclone.

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