Nous sommes le 5 janvier et c’est aujourd’hui que l’Etat français lance son premier emprunt.

Exactement. La France va emprunter sur les marchés environ 10 milliards d’euros. Elle commence sur les chapeaux de roues parce que le programme du Trésor sur l’année est de lever (c’est le mot technique) environ 200 milliards d’euros : une paille, mais une grosse grosse paille. Des compagnies d’assurances, des investisseurs, français et internationaux vont donc prêter cet argent pour financer les déficits publics. Pour la petite histoire, une partie de l’emprunt aura une durée de 60 ans, il sera donc remboursé par les impôts de vos petits et arrières petits-enfants, Patrick.

Pourquoi l’Etat est-il si pressé d’emprunter ?

D’abord, en année électorale, il peut y avoir des turbulences sur les marchés avec une nouvelle équipe, on ne sait jamais : il vaut mieux partir tôt. L’autre raison est que les taux d’intérêt remontent, un peu mais quand même. On émet à 0,77% et Bercy parie que cela se rapprochera de 2% d’ici décembre. Pourquoi ? Un peu plus d’inflation, des taux américains qui remontent, les incertitudes liées à Donald Trump.

C’est dangereux ?

La dette, sauf si on est la Grèce, ce n’est pas un précipice dont on tombe d’un coup un matin, c’est plutôt un nœud coulant. Pendant des années, le nœud est lâche, il vous laisse bouger, et puis soudain il peut se refermer. Depuis dix ans, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : la dette publique française a augmenté de 1.000 milliards d’euros mais, grâce aux taux bas, le coût annuel est resté le même. Miracle, jackpot total pour les gouvernements qui se sont succédé. Mais si les taux d’intérêt remontaient franchement, cela pourrait aller vite, en dizaines de milliards. Clac, le nœud se refermerait. On n’en est pas là mais attention. Chaque année les contribuables consacrent environ 45 milliards d’euros de leurs impôts à payer les seuls intérêts de la dette, c’est ce que rapportent l’impôt sur les sociétés + les taxes sur les carburants.

Ce sera un débat de la présidentielle ?

Cela fait des années que François Fillon pense que le nœud va nous -si on peut dire- nous exploser à la figure. D’où sa potion amère. La gauche sociale-démocrate préférerait desserrer le nœud avec la croissance, mais on ne l’a pas vue. Donc, le nœud nous pend toujours au nez.

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