Les groupes PSA et Fiat-Chrysler se sont mariés officiellement hier. C'est le résultat du travail d'un grand dirigeant de l'automobile, Carlos Tavares. restent deux questions : cette fusion-là va-t-elle marcher ? Big est-il toujours beautiful ?

Fiat et Peugeot officiellemengt mariés
Fiat et Peugeot officiellemengt mariés © Getty / SOPA Images

C’est fait et c’est historique ! C’est la naissance du 3ème groupe automobile mondial en chiffre d’affaires, derrière Toyota et Volkswagen. .C’est le 4ème en nombre de voitures vendues (8 millions par an), derrière les mêmes, et Renault-Nissan.

Ce mariage sous le nom de Stellantis est l’union de 14 marques : Citroën et Maserati, Fiat et Opel, Peugeot et Alfa Romeo, Chrysler, Dodge et Jeep -excusez du peu. 

On a tellement l’habitude de ces fusions géantes, qui souvent finissent par des divorces ou une cohabitation invivable, (on en a tellement l’habitude) que l’on a envie de hausser les épaules et de dire : bah ! 

Eh bien, on a tort sur au moins un point 

Carlos Tavares, le patron de PSA, a prouvé ces dernières années qu’il est un grand dirigeant, ses résultats le prouvent, et le rapprochement avec Fiat, deux fois plus gros que lui, est un pari pour affronter ensemble le mur d’investissements qui attend l’automobile avec l’électrification. 

Une fois le coup de chapeau -légitime- rendu à Carlos Tavares et à John Elkann, de Fiat, il y a (on y revient) la question classique sur les fusions : certaines finissent par une absorption d'une entreprise par l'autre, la plupart sont difficiles (on pense à Renault-Nissan), mais certaines ont fini par réussir – EADS devenu Airbus. 

Donc, 1ère conclusion peu intéressante je l’avoue : on verra ce qui se passera avec Peugeot-Fiat. Mais il y a une seconde question, plus nouvelle : faut-il être gros absolument, Big est-il toujours beautiful ? Et là, on regarde la toute jeune Tesla, qui a vendu 500.000 voitures 100% électriques l’an dernier et qui vaut en bourse dix fois plus que PSA-Fiat-Chrysler.

Ailleurs, dans la pharmacie, on le sait, ce sont des petits (BioNTech, Moderna) qui font la course en tête sur les vaccins, pas les gros, qui n’ont pas su innover. 

Seconde conclusion : c’est toujours l’innovation qui est la clé, il s’agit de ne pas s’endormir sur l’acquis. 

Encore un mot ? 

L’assemblée générale de PSA hier était la dernière présidée par Louis Gallois, président du conseil de surveillance, qui termine ici une carrière incroyable d’industriel à la tête de Safran, la SNCF, EADS et donc un groupe automobile. 

Ce grand industriel de gauche -une espèce assez rare- et très modeste -une plus grande rareté encore- a connu des réussites et des échecs mais c’est aussi une personnalité rare sur le plan humain. 

Le combat qu’il veut mener maintenant, c’est pour défendre le progrès et contre l’idée de décroissance -dont les conséquences seraient à ses yeux désastreuses pour les plus pauvres.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter