Une étape a été franchie hier dans la privatisation des aéroports de Nice et Lyon avec la remise des offres...

Non, je ne crois pas qu'il y ait un problème de principe – mais ensuite toute la question est celle des modalités. Sur le principe, la gestion de plus en plus d'aéroports, partout, est confiée à des acteurs privés parce que les Etats gèrent souvent cela mal et n'ont pas d'argent pour investir. A Londres, à Rome, Düsseldorf, Bruxelles, Venise, Zurich ou Copenhague, la gestion est privée, sans problème. En France même, on peut citer Grenoble, Quimper, Nantes, Clermont-Ferrand etc. Le groupe de BTP Vinci, par exemple, gère 33 aéroports dans le monde. Le mot de privatisation est abusif parce que la concession (limitée dans le temps) porte sur les zones commerciales, les parkings, les relations avec les compagnies. Mais la propriété des pistes, des terrains, reste dans les mains de l’État. C'est le contrôle aérien qui gère toujours le trafic et la sécurité, et la police des frontières qui contrôle les passagers. Donc, dire, comme Laurent Wauquiez ou Christian Estrosi, présidents des régions concernés à Nice et Lyon, attention c'est la souveraineté nationale qui est en jeu, cela fait plaisir, c'est populaire mais excessif. Rappelons que la majorité actuelle a voté le principe de ces concessions dans une loi. Enfin, la distribution de l'eau ou de l'électricité et du gaz peut aussi être concédée et ce n'est pas moins important semble-t-il.

Mais vous l'avez dit vous-même, tout est question de modalités.

Une vigilance particulière doit être portée au choix du concessionnaire, qui ne peut être choisi simplement parce que c'est celui qui met le plus d'argent sur la table. L’État cherche de l'argent (1,6 milliard avec Nice et Toulouse), mais la taille du chèque ne peut être qu'un des critères. Faut-il s'affoler dès qu'un investisseur chinois (à Toulouse) ou turc (un candidat à Lyon) montre le bout de son nez ? Pas plus que quand des investisseurs français sont au Japon ou, justement, en Turquie. Mais (mais) dans la mesure où l'activité aéroportuaire est très rentable, l’État doit être ferme dans la discussion. Le contre-exemple, c'est celui des autoroutes, qui sont magnifiques en France, mais où la négociation paraît déséquilibrée. Compte tenu des enjeux, dans le cas des aéroports comme d'autres grandes concessions, les choix de l’Agence des Participations de l’Etat devraient être confirmés par le Parlement.

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