La compagnie attend toujours le remplaçant de Jean-Marc Janaillac.

Oui, et ce n’est pas normal. Cela fait pile deux mois que Jean-Marc Janaillac, le président de l’entreprise franco-néerlandaise, a démissionné après son référendum raté. C’était le 4 mai. Et deux mois plus tard, on en est toujours au même point – sauf surprise dans les heures qui viennent. Une nouvelle équipe sera-t-elle choisie en juillet, en août, en septembre ? Mystère et boule de gomme. 

C’est étonnant, c'est incroyable, pour une entreprise qui exploite quatre marques, Air France, KLM, Transavia et Hop, qui a transporté 100 millions de passagers l’an dernier, qui dessert 116 pays et 314 destinations, exploite 545 avions et emploie des dizaines de milliers de salariés.

Il y a vingt ans, il avait fallu 24 jours pour remplacer Loïc Le Floch Prigent, alors à la tête de la SNCF et mis en prison dans le cadre de l’affaire Elf, pour le remplacer par Louis Gallois. Tout le monde avait trouvé cela très, trop long alors que la situation était encore plus imprévisible. Anne-Marie Couderc, l’actuelle  présidente par intérim d’Air France, avait prévu de stopper sa mission hier. Pari perdu ! 

Alors, que se passe-t-il ? 

Il y a la complexité d'une nomination dans une entreprise binationale, où l’Etat est présent, où deux nouveaux actionnaires sont montés à bord, Delta Air Lines et China Eastern Airlines, et où les pilotes et les salariés sont puissants. Il y a des personnalités du tout-Paris, comme on dit, qui pèsent dans le processus ; on parle de Philippe Villin. 

Il y a un conflit entre le comité de nominations, prêt à nommer quelqu’un qui ne connaît rien à l’aérien (un haut dirigeant de Veolia a été contacté), et l’État, qui veut un spécialiste. 

Autres questions : faut-il un Français ? Ou pas ? Un PDG pour le groupe ou un président non exécutif pour Air France-KLM et un vrai patron pour la partie Air France ? Tout cela ne semble pas tranché. Bizarre.

Et une fois le patron choisi, tout sera encore à faire

Face aux low cost comme EasyJet et RyanAir, face aux concurrents qui  lancent du long courrier low cost (New York, le Canada ces mois-ci), il n’y a pas de temps à perdre. Il y aura le grand sujet de la présence de l’État, qui sert de parapluie à pas mal d’indécisions. Faut-il qu’il sorte du capital ? Peut-être. Et il y a cette alliance que propose AccorHotels qui veut racheter ses parts à l’État. Est-elle intéressante pour Air France ? A voir. Oui, il n’y a plus de temps à perdre.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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