Ce matin : le petit coup de blues des grands patrons français à l’égard d’Emmanuel Macron.

La première fois, je n’ai pas noté l’information ; la seconde, je l’ai entendu mais sans complètement en comprendre le sens ; la troisième fois, c’est devenu significatif. Ces dernières semaines, à chaque fois que l’on rencontre  des dirigeants de grandes entreprises, la même réflexion fuse : Emmanuel Macron est inaccessible, on ne le voit jamais, il passe son temps à séduire les grands dirigeants américains ou asiatiques, mais n’a pas de temps pour les Français. Aucun ne l’a vu à l’Elysée depuis un an. 

A l’inverse, entre le sommet de Versailles « Choose France » en janvier ou la soirée « Tech for Good » à l’Elysée il y a dix jours, les patrons étrangers sont chouchoutés, Mark Zuckerberg, de Facebook, a par exemple eu droit à un tête-à-tête, comme bien d’autres. Bref, nos patrons français sont un peu jaloux. Certes, Jean-Bernard Lévy (EDF), Stéphane Richard (Orange), et d’autres ont été invités à des voyages officiels (comme Bernard Arnault à Washington) mais ce n’est pas là qu’on travaille le plus avec le président. 

De son côté, l’Elysée confirme l’absence de rendez-vous, reconnaît que c’est nouveau, mais explique que le secrétaire général de l’Elysée est disponible, que le Premier ministre et les ministres de Bercy aussi, sans compter de possibles (mais pas certains) échanges directs de SMS ou de messages sur Telegram. L’Elysée indique en revanche que deux patrons de médias ont été reçus à leur demande, Gilles Pélisson (TF1) et Alain Weill (SFR et BFM-TV). Si les autres frappent fortement à la porte, on verra, dit-on.

Qu’en conclure ?

Qu’Emmanuel Macron, qui voyait beaucoup les dirigeants d’entreprises quand il était à Bercy, a coupé les ponts personnels. Il est passé à autre chose. « C’est la preuve qu’il n’est pas le président des riches », ironise l’Elysée. 

Cette attitude est évidemment contre-intuitive puisqu’il a supprimé une partie importante de l’ISF, et a diminué la fiscalité du capital. Mais la clé est peut-être l’admiration qu’il a en priorité pour ceux qui ont créé leur entreprise, et l’ont fait grandir, un peu comme lui au fond. Il regarde différemment les patrons salariés. Sans doute. 

Cela étant, il est un peu étrange que le président voit peu directement les milieux économiques.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.