Le président de la République consulte beaucoup et cherche le moyen de se réinventer sans se déjuger. Il n'y aura pas de tournant, assure l'Elysée. Mais la réforme de services de l'Etat est envisagée.

Emmanuel Macron annoncera début juillet l’orientation qu’il veut donner à la suite de son quinquennat. Ce sera après la nouvelle étape de déconfinement prévue le 22 juin, et après les élections municipales. 

Ce rendez-vous du président avec les Français est très compliqué : la crise sanitaire et économique actuelle est le troisième choc depuis son élection en 2017, après les Gilets Jaunes et la bataille des retraites. 

La récession brutale va forcément orienter les prochains mois sur l’emploi. Mais Emmanuel Macron, on l’évoquait déjà ici avant-hier, n’envisage pas pour autant de changement de politique, de se désavouer ou un virage social : ce sont les entreprises qui ont perdu des semaines de chiffre d’affaires, ce sont elles qu’il faut aider en priorité. Pas de changement de cap non plus sur les baisses d’impôt prévues pour elles comme pour les ménages : elles auront lieu. 

Mais ce choix de la compétitivité n’est pas le seul sujet sur lequel le président est prêt à prendre son risque (comme l’on dit). Selon les informations recueillies par ma consoeur des Echos Cécile Cornudet, il n’abandonne pas l’idée de la réforme des retraites, au moins pour ses mesures sociales voire dans la partie réforme par points. 

A ceux qu’il rencontre, il parle également beaucoup de la réforme de l’Etat, ou plutôt de la bureaucratie. Des dysfonctionnements ont été évidents, sur les masques, les tests, les liens entre le système public de santé et la médecine libérale, les maisons de retraite –on le sait. Décentralisation et débureaucratisation pourraient être des mots clés de l’après-pandémie.

Est-ce que tout ceci fait un projet ?

Non. Emmanuel Macron rencontre beaucoup de monde, et il n’est pas sûr qu’il dise la même chose à tout le monde : on a du coup du mal à deviner l’ensemble. 

Quid de l’écologie par exemple ? On ne sait pas. On sait en revanche que des proches comme Richard Ferrand poussent à une mesure de solidarité des plus riches. On verra. 

En revanche aussi, c’est qu’il va falloir un récit pour rassembler tout ce qui est en route. Tous les jours, on a un plan pour le tourisme, l’aéronautique, l’automobile, bientôt l’hôpital etc. : on s’y perd dans les milliards. 

En comparaison, l’Allemagne a présenté hier un plan de 130 milliards d’euros avec trois mesures phares : une baisse de la TVA pour six mois, un chèque de 300 euros par enfant et une incitation à acheter seulement pour les voitures électriques. 

Le défi d’Emmanuel Macron sera celui de l’efficacité et de la simplicité.

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