**Ce matin, pour commencer, une information de votre journal : les fonctionnaires ne veulent plus partir en retraite ! C’est un peu exagéré de le dire comme cela ( !), mais (oui) il se produit quelque chose dans la Fonction publique : les agents publics sont en train de repousser nettement leur âge de départ en retraite. Comment le sait-on ? Selon les derniers pointages, le nombre de départs en retraite a baissé de 16% l’an dernier – en 2009 – par rapport à 2008. C’est spectaculaire et cela a surpris tous les spécialistes, au ministère du Budget comme à celui de la Fonction publique. Concrètement, en 2008, 81.500 fonctionnaires de l’Etat avaient fait – comme on dit – valoir leurs droits à la retraite ; ils n’ont été que 68.000 l’an dernier. Au ministère de l’Equipement, le recul est carrément de 29%. Si on regarde au-delà de l’Etat, de France Télécom et de La Poste, la baisse est du même ordre dans les collectivités locales. Le mouvement est général. Comment s’explique-t-il ?Il y a des raisons conjoncturelles : un fonctionnaire dont le conjoint travaille dans le privé et a été menacé pendant la crise a eu tendance à ne pas bouger. Il y a eu aussi des réformes statutaires qui ont augmenté les salaires, par exemple dans la police, et comme la retraite est calculée sur les six derniers mois, des départs ont été reportés pour en profiter. Mais l’essentiel est ailleurs : c’est l’effet de la précédente réforme des retraites, la réforme Fillon, qui relève le nombre de trimestres de cotisation nécessaire pour avoir une retraite à taux plein. Le résultat est que l’âge moyen de départ en retraite, pour les fonctionnaires, était déjà passé de 58 ans et demi en 2002 à 59,4 ans en 2008 - et qu’il a dû augmenter encore l’an dernier. Quelle analyse en tirer ?Des mauvaises langues (il y en a toujours) remarqueront que l’âge de départ des fonctionnaires a sans doute atteint aujourd’hui 60 ans alors que l’âge auquel, dans le privé, on fait valoir ses droits est de 61,5 ans (et signalons-le, de 45 ans et demi pour les militaires). Il faut surtout souligner qu’il s’agit d’un âge moyen, les enseignants partent à 60 ans, mais les policiers, les infirmières plus tôt, comme les femmes ayant élevé trois enfants etc. Ce qui est intéressant à noter est que cela met du temps mais que les comportements changent avec les réformes. Et que chacun se met, de plus en plus, à faire ses calculs – ce qui est plus facile dans le secteur public que dans le privé où tout est illisible. Exceptionnellement (mais c’est l’actualité) et brièvement, un autre sujet ce matin : la crise grecque…C’est grave. Les marchés boursiers ont chuté hier et la crainte s’est étendue à l’Espagne avec les rumeurs les plus folles. Sur le fond, la dette de l’Espagne est faible et cela choque que les marchés soient si regardants sur les dettes publiques après avoir fermé les yeux sur les dettes privées. Le problème est que la zone euro paie cash son péché originel, l’absence de cohérence des politiques économiques des pays (l’Allemagne serrant les coûts et l’Espagne vivant sur une bulle immobilière). Et que les Européens ne disent toujours pas comment des pays en difficulté vont retrouver de la croissance et rembourser leurs dettes dans une zone où la rigueur est mal vue et où la dévaluation, solution ancienne, est impossible. C’est pour cela que la BCE, qui est le seul bras armé de cette zone, devra peut-être en faire plus (par exemple en rachetant – en monétisant - directement des titres grecs - ou espagnols si nécessaire) même si cela bouscule ses dogmes. Réponse demain jeudi avec la réunion mensuelle de la BCE.**

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