Ce matin, vous arrivez avec une bonne nouvelle : les impôts locaux augmenteront moins cette année qu’on le disait il y a quelques semaines.

Et cela prouve que les messages passent auprès des élus sur le ras le bol fiscal. Tant mieux, personne ne s’en plaindra. Vous vous souvenez, il y a quelques semaines, on avait beaucoup évoqué ici ou là la hausse des impôts dans un certain nombre de grandes villes : Toulouse, Bordeaux, Lille, Lyon etc. Elle est confirmée – hélas. Mais l’Association des Maires de France a fait un sondage plus large auprès de 500 villes, et là, on voit une réalité plus nuancée. Deux tiers d’entre elles ont appuyé sur le frein plutôt que sur l’accélérateur ces dernières semaines. Du côté des départements, ce serait la même chose : pas de hausse des taux dans la quasi-totalité d’entre eux !

C’est un vrai tournant : comment l’expliquer ?

C’est tout simple : les élus ont compris que la pilule ne passait plus. Un spécialiste le confiait hier dans des termes plus choisis. Je le cite : « il devient politiquement compliqué d’augmenter les impôts ». Pendant des années, il était possible d’avoir la main un peu lourde puisque les impôts locaux des ménages modestes sont payés non pas par eux mais par l’Etat. Mais maintenant, le « ça suffit » concerne tout le monde. Un autre expert ajoute, peut-être pince sans rire, mais peut-être pas : un certain nombre d’élus ont réalisé que des économies étaient possibles dans les dépenses de fonctionnement… ! Cette relative sagesse veut surtout dire que certaines municipalités peuvent se débrouiller malgré la diminution des dotations de l’Etat aux collectivités locales.

Bon, cela étant, il y a quand même quelques nuances à apporter…

Oui, comme toujours. Et c’est là que les nouvelles sont moins bonnes. D’abord, si c’est la pause dans deux villes sur trois, c’est la hausse dans la troisième, notamment les grandes villes dont on parlait. A Toulouse, le nouveau maire UMP a décidé un + 15% des taxes foncières et d’habitation. Au total et en moyenne, le relèvement est de 1,6%. Cela a l’air faiblard, c’est moins qu’en 2009, après le précédent scrutin municipal, mais avec une inflation égale à zéro, ce n’est pas rien. On sait par ailleurs que le nombre de fonctionnaires locaux continue de progresser au galop et que, malheureusement, ce sont les dépenses d’investissement utiles (la voirie, quelques grands équipements) qui sont sacrifiés plus facilement que des économies dans le fonctionnement.

Et ce n’est pas tout…

Non, il y a une petite astuce. C’est la revalorisation automatique des bases locatives, en clair de l’assiette de vos impôts. Le Parlement la vote chaque année et en 2015, c’est + 0,9% - toujours avec une inflation quasi-nulle. Quand les impôts n’augmentent pas, ils augmentent quand même !

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