C’est certain : Donald Trump sera le candidat Républicain à la présidentielle américaine. On parle peu de son projet économique. Est-il aussi inquiétant que le personnage ?

Oui, et ce n’est pas tomber dans le politiquement correct que de le dire. Certes, deux choses doivent a priori inciter à être prudent. D’abord, le projet de Ronald Reagan paraissait totalement fou quand il est arrivé à La Maison-Blanche dans les années 80, et finalement, l’Amérique et les Américains s’en sont plutôt (j’ai dit plutôt) bien portés. Ensuite, Trump a reçu le soutien sur l’économie de (là, vous allez faire un bond de trois mètres), de Paul Krugman, le très à gauche Prix Nobel de l’Economie, qui l’a dit dans un article en septembre. A ses yeux, il faut écouter Trump parce qu’en tant de milliardaire, il n’a pas besoin d’être financé par les grandes multinationales, donc il est crédible ; cela semble un peu court comme argument, mais c’est comme ça !

Cela étant dit…

Cela étant dit, le programme du candidat Républicain, qui séduit les blancs des classes moyennes peu diplômés victimes de la mondialisation, (ce programme) est absurde par son outrance et son incohérence. Une sorte de gloubiboulga. On le sait, il veut expulser 11 millions d’immigrés, imposer un protectionnisme en relevant très fortement les droits de douane (40% parfois) et forcer toutes les entreprises américaines qui produisent en Chine, au Brésil, au Mexique etc. à revenir aux Etats-Unis. Ce n’est pas si loin de ce dont rêvent certains partis extrêmes en France. Mais la hausse des prix sur toutes sortes de biens serait immédiate. Son projet le plus détaillé concerne la fiscalité. Trump promet de beaucoup baisser voire supprimer les impôts de 100 millions de ménages et idem pour les entreprises. Mais il n’a jamais dit comment il financera tout cela. Pour équilibrer le budget, il faudrait une croissance de 10% par an pendant dix ans ! Vous imaginez. Lui, il promet une croissance de 6%. Mentionnons enfin que le candidat explique que le réchauffement climatique est un concept inventé par les Chinois pour pénaliser l’économie américaine.

Conclusion ?

Les partisans de Trump ne l’ont pas choisi pour ses idées économiques, mais parce qu’il a réussi à apparaître comme anti-establishment. Il va bien sûr se recentrer un peu. Mais un militant Républicain disait hier qu’il voterait quand même pour Clinton, parce que la malaria est préférable à Ebola. Ambiance.

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