Le bilan de la campagne présidentielle sur le plan économique.

Oui, un an de campagne depuis le début de la compétition à droite. Un an que tout le pays en parle, et malgré la frustration ressentie à cause d’un zapping permanent et d’une violence inédite, comme le disait Thomas Legrand, la présidentielle 2017 a été celle qui a balayé le plus de sujets économiques. Florilège de ce qui a occupé des discussions passionnées à la machine à café, chez soi ou en réunion de famille avant que tous ces sujets ou presque ne tombent aux oubliettes. Il y a eu les 500.000 suppressions de postes de fonctionnaires et le financement des frais de santé chez François Fillon. Le revenu universel et la taxe sur les robots de Benoît Hamon : était-ce la fin du travail ? Naturellement la question de la fin de l’euro portée par Marine Le Pen y compris avec les derniers flottements. Il y a eu le projet de Jean-Luc Mélenchon d’augmenter les dépenses publiques de 270 milliards d’euros et de taxer à 90 ou 100 % les hauts revenus. La suppression de la taxe d’habitation pour quatre Français sur cinq chez Emmanuel Macron. Et l’ISF, et le protectionnisme, et la mondialisation, et le droit du travail. Finalement, oui, les sujets économiques concrets ont été présents et débattus.

Mais… ?

Mais l’économie a été victime d’une forme de caricature. Une caricature à la fois dans le diagnostic incroyablement noir porté sur l’état du pays par la majorité de ceux qui ont défilé dans l’arène. Caricature dans les solutions, la plupart du temps incroyablement binaires et radicales. Cette campagne a vu, jusqu’à un certain moment, la défaite de la pensée complexe sur mesure dans un monde complexe et la victoire de la pensée prêt à porter. Jusqu’à un certain moment parce que le paradoxe est que le gagnant probable, Emmanuel Macron, s’est fait le hérault de la pensée complexe et de l’optimisme. Pour ma part je garde en mémoire deux images frappantes de cette campagne. Celle du débat télévisé d’il y a un mois où, sur les onze candidats du premier tour, neuf s’affichaient ou totalement eurosceptiques ou résolument critiques sur l’Europe d’aujourd’hui. Les deux seuls qui avaient une expérience gouvernementale sur ces sujets-là, François Fillon et Emmanuel Macron, paraissaient bien seuls. Cette image-là, avec celle du pugilat de mercredi soir, aura marqué la campagne et il est temps, oui, que cela se termine.

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