Le gouvernement l’a dit hier : il encourage un télétravail massif jusqu’à l’été.Il convient de saluer les équipes techniques qui l'ont rendu possible.

Le gouvernement est même plus précis que cela dans son protocole national de déconfinement envoyé aux entreprises. A côté d’ordres totalement infantilisants (je reprends le mot) sur la nécessité par exemple d’aérer pendant 15’ toutes les trois heures les pièces fermées, il est clair : le télétravail doit continuer là où il est possible. 

Ce télétravail est évidemment une des grandes révélations de cette période : il accélérait depuis un an ou deux grâce aux outils technologiques, il concernerait en ce moment cinq millions de personnes. 

On n’a sans doute pas assez rendu hommage aux informaticiens des entreprises et des services publics qui ont rendu cela possible. Ils l’ont fait ! En quelques jours, mi mars, ils ont basculé des dizaines, des centaines, des milliers, parfois des dizaines de milliers de postes de travail des bureaux vers les domiciles. Dans les banques, par exemple, cela a dû se faire dans des hautes conditions de sécurité. 

Avec les services des ressources humaines, les DSI (comme on dit), directions des services informatiques, ont gagné des galons auprès des patrons. 

Au-delà, une leçon plus générale : ce qui paraissait impossible peut devenir possible quand nécessité fait loi. Evidemment, on peut tous se demander ce qui se serait passé il y a cinq ou dix ans, quand les outils et la fibre et les logiciels et le débit des lignes n’étaient pas ce qu’ils sont maintenant.

Et le télétravail demain ?

Il a fait un grand pas en avant, il ne fera pas un grand pas en arrière. Mais il ne restera pas au même niveau qu’aujourd’hui. Pourquoi ? Ce n’est pas une solution parfaite : la séparation vie pro-vie privée est plus difficile, le travail de groupe est moins facile, la machine à café manque, il est plus facile quand les enfants sont à l’école que dans les pattes etc. 

Mais le télétravail restera parce que beaucoup de salariés en sont satisfaits tandis que les entreprises se disent que leurs bureaux loués à prix d’or pourraient rétrécir. Dans dix ans, le quartier de la Défense sera-t-il rétréci ? On verra ! 

Au-delà, le télétravail -on l’a souvent dit ici- pourrait être la solution permettant aux plus et aux moins jeunes de vivre plus confortablement loin des centres-villes hors de prix. 

Tout cela à condition de rappeler qu’il ne peut concerner qu’une minorité de salariés et que c’est donc un privilège.

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