L'enquête annuelle de Pôle Emploi montre que les entreprises envisagent davantage de recrutements qu'en ... 2019. La conclusion est claire : l'économie n'attend qu'une chose, que le frein soit desserrée.

Bonne nouvelle pour l'emploi
Bonne nouvelle pour l'emploi © Getty / Maskot

C’est l’enquête annuelle de Pôle Emploi sur les besoins de recrutements des entreprises qui apporte de l’optimisme sur la conjoncture économique. Avant d'en dire plus, campons le décor.

Il faut savoir que la période actuelle est extrêmement difficile à lire parce que la clé économique est entre deux mains tout à fait inhabituelles : la main du virus et la main de l’Etat. C’est le sanitaire qui commande et c’est l’Etat qui paie. Aujourd’hui, une partie de l’économie est effectivement étatisée, avec le chômage partiel et des aides en tous genres. 

Du coup, tous les jours, on a des signaux différents sur la croissance, sur les défaillances d’entreprise, sur le moral des acteurs économiques et des Français. Mais la grande question est : que se passera-t-il quand le virus circulera moins et que les béquilles seront retirées ? La machine repartira-t-elle une fois le frein à main desserré ou le moteur est-il un peu cassé ? 

C’est là que l’enquête annuelle de Pôle Emploi est importante parce que 450.000 employeurs ont répondu et que c’est la vie réelle, pas des ordinateurs qui tournent. 

Eh bien, plus de 2.700.000 recrutements sont identifiés pour cette année, et les deux tiers sont des emplois durables (plus de six mois). Ce chiffre ne représente pas la totalité des embauches attendues, mais c’est davantage qu’en 2019. 

Dans le détail, ce sont les secteurs de la construction, de l’agriculture et de la santé qui vont embaucher le plus.

Plus concrètement encore, les entreprises recherchent en plus grand nombre des viticulteurs et des arboriculteurs, des agents d’entretien et des serveurs, tandis que la plus forte progression des intentions d’embauche, on la constate pour les aides-soignants, les infirmiers et les puéricultrices. 

Enfin, on le signale pour nos auditeurs, les employeurs expriment d’énormes difficultés à recruter des charpentiers, des couvreurs, des aides à domicile et des carrossiers !

Une bonne nouvelle ?

Il faut reconnaître ses limites : la semaine dernière, on indiquait à ce micro que la situation restait incertaine, avec moultes étapes dans le déconfinement économique.

Mais tous les acteurs économiques (et le gouvernement) fantasment sur ce qui s’était passé au troisième trimestre 2020 : une croissance de 18%. Disons-le : c’est impossible, la chute, cette année, n’a pas été assez forte (et tant mieux) pour espérer un rebond pareil. 

L’Insee présentera demain ses prévisions trimestrielles. On verra. Mais les exemples chinois et américain montrent tout de même que le frein à main ne demande qu’à être desserré.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter