On va en Chine, où a commencé la session annuelle du Parlement chinois. Un nouveau pouvoir arrive. Le changement, c’est maintenant ?

Le changement, cela doit être maintenant, il faut qu’il ait lieu en Chine, avec une nouvelle équipe qui prend les commandes. L’assemblée nationale a commencé à se réunir cette nuit, elle confirmera la prise de fonction de la nouvelle tête qui dirigera un pays de 1,4 milliard d’habitants, vingt fois la France. Il faut apprendre ce nom : Xi Jinping, qui remplace Hu Jintao. Pour faire du zèle, on peut retenir le nom du nouveau Premier ministre, Li Keqiang. Mis sur orbite à l’automne, le nouveau président qui est là pour 10 ans, a plutôt séduit depuis, en se montrant plus proche du peuple, réformiste et en assurant de sa probité. Les correspondants occidentaux à Pékin sont plutôt séduits.

Çà, c’est la « com » je suppose ; est-ce crédible ?

On ne va pas dire que c’est la rupture à Pékin, mais le changement dans la continuité. En tous cas, Xi Jinping n’a pas le choix, il faut des évolutions et la nouvelle équipe le sait, si elle veut garder le pouvoir totalitaire, il faut qu’elle soulève le couvercle. Il y a des craquements dans ce pays qui surfe sur une croissance à la fois fantastique et folle depuis quinze ans.

Des exemples ?

Deux qui montrent que des choses bougent. En décembre, pour la première fois, un organisme officiel a publié un indicateur des inégalités. Pour les statisticiens, un indice de Gini de la concentration des richesses. A 0,6, cela veut des inégalités énormes, le pays le plus inégalitaire au monde. Mais c’est publié. Second élément, les pékinois suivent désormais au jour le jour le niveau de la pollution, qui est épouvantable. Mais c’est publié. Bref, une nouvelle phase arrive.

Et sur le plan économique proprement dit ?

On annonce depuis 2008 un écroulement, mais si la croissance n’est plus à 10%, elle tourne autour de 7% - selon les chiffres officiels bien sûr. Au total, selon la Banque mondiale, le PIB, l’activité, a doublé depuis 2005. Mais on a toujours les deux faces du miroir. La classe moyenne, c’est désormais l’équivalent de la population des Etats-Unis. Mais les prix de l’immobilier ont été multipliés par 3, 5 ou 10 à Shanghai ou Pékin. La Chine, c’est à la fois le premier fabricant de panneaux photovoltaïques et le pays où des centrales à charbon sont installées tous les mois.

Peut-on attendre un changement en politique étrangère ?

Il y a un durcissement avec le Japon. Mais la politique étrangère est très liée à l’économie. La Chine finance les Etats-Unis, donc elle est obligée de s’entendre avec eux. Et son obsession, c’est l’accès aux matières premières, en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud.

Enfin, du changement dans les relations avec la France ?

François Hollande ira en Chine en avril. La Chine, c’est notre plus gros déficit commercial. Lundi, on a appris qu’un groupe de Hong Kong va gérer l’hôtel Crillon place de la Concorde à Paris, hôtel de luxe qui appartient - ses murs - à la famille royale saoudienne. La mondialisation à 300 mètres de l’Elysée ! Allez, je redis une fois le nom du nouveau président : Xi Jinping !

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