Fin du salon mondial de la téléphonie mobile à Barcelone
Fin du salon mondial de la téléphonie mobile à Barcelone © Reuters / Albert Gea
**Ces jours-ci, on assiste à des grandes manœuvres dans le secteur des télécoms. Est-ce que le consommateur va s’y retrouver ?** Il y a un mouvement de concentration qui se prépare peut-être et il faut le suivre de très très près parce que c’est un sujet forcément important pour l’économie. Pourquoi ? Parce que le secteur de la téléphonie pèse 70 milliards d’euros. Ensuite parce qu’il nous concerne tous : nous avons tous un, deux, trois abonnements téléphonique, fixe, mobile. Enfin, parce la baisse des prix dans les télécoms a distribué du pouvoir d’achat aux Français ces dernières années et que peu d’activités peuvent en dire autant. Donc, attention s’il y a demain moins d’opérateurs -c’est probable- est-ce que cela fera remonter les prix pour les clients ? Et seconde question, quel est le bon équilibre qui permet aux entreprises du secteur d’être assez solides pour investir, aujourd’hui dans la 4G, demain dans la 5G ? **Concrètement, que se passe-t-il ?** C’est un jeu de chaises musicales. Il y a aujourd’hui quatre grands opérateurs : Orange, SFR, Bouygues et Free, qui a dynamité le marché – et c’est tant mieux. Demain il n’y aura peut-être que trois fauteuils parce que le propriétaire de SFR, Vivendi, veut se débarrasser de SFR pour se concentrer sur son autre grande marque, Canal Plus. Et SFR intéressent Bouygues et Numéricable, l’acteur du câble, qui déposeront leurs offres aujourd’hui. A partir de là, deux cas de figure. Si Bouygues rachète SFR, on aura un duopole Bouygues-Orange qui contrôlera 94% du marché du mobile. Dur pour la concurrence ! Si à l’inverse, Numéricable est retenu, Bouygues sera marginalisé et devra peut-être alors se rapprocher de Free. Bref, des grandes manœuvres. Evidemment, le gouvernement est très attentif parce que l’emploi est en jeu. Arnaud Montebourg, toujours là où on ne l’attend pas, lui, veut moins de concurrence au nom de l’emploi même si les prix remontent. **Mais au fond, y a-t-il un nombre magique d’opérateurs ?** Non, il n’y a pas de chiffre magique, mais il y a quand même des réflexes à avoir. La concurrence est a priori préférable, jusqu’à preuve argumentée du contraire. Revenir à trois opérateurs, dont deux ultra-puissants, serait revenir en arrière. Il est probable que les autorités de la concurrence diraient niet. Le risque, pour les clients -vous, moi- n’est pas tellement que le prix des forfaits actuels flambent mais que le prix des innovations futures soit élevé. Une fois que l’on a dit cela, y-a-t-il un schéma, maintenant que le choc de la concurrence a bousculé les « rentes », qui permette de laisser respirer les acteurs sans perdre le bénéfice de la concurrence ? On le sait : le mastodonte Orange, 100.000 salariés, est forcément bousculé par Free qui en compte 7.000. Oui, il y a des schémas. A une condition : que des petits acteurs puissent continuer à mordre les mollets des gros pour les empêcher de s’endormir. Des solutions techniques sont possibles, il faut les inventer. **Cette bataille aura de toute façon une dimension personnelle.** Oui, Martin Bouygues (qui va peut-être souffer sous Hollande après avoir souffert sous Sarkozy), Xavier Niel, Patrick Drahi (Numéricable) sont des vrais entrepreneurs, c’est leur argent, ce sont des personnalités. Donc cela va être passionnant. ### Aller plus loin : Sur [le site de l'Arcep](http://www.arcep.fr/index.php?id=12168), l'autorité de régulation des communications, plus d'informations sur le marché de la téléphonie en France.
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