Vous revenez sur l’escalade dans la guerre mondiale de l’acier qui s’est poursuivie ce week-end.

Cette escalade notamment entre les Etats-Unis et l’Europe est une mauvaise chose au moment où les pays occidentaux font face à des défis qui devraient les voir unis : un président chinois qui sera peut-être bientôt à vie, un Vladimir Poutine qui cherche à peser partout sur des élections démocratiques et intervient en Syrie et en Libye. Résumé de la bataille : Jeudi, Donald Trump annonce une taxation des importations d’acier et d’aluminium aux Etats-Unis, sans exclure aucun pays et il tweete : les guerres mondiales sont bonnes et faciles à gagner ; vendredi, tollé général au Canada, en Corée et en Europe, Europe qui va annoncer des rétorsions sur les importations sur son sol de jeans, de Harley Davidson (les motos) et de whisky pour 3 milliards d’euros ; et samedi, nouveau tweet présidentiel : puisque c’est comme çà, les Etats-Unis vont taxer les voitures européennes. En réalité, comme en Corée du Nord, Donald Trump applique en économie avec ses alliés ce qu’on appelle la stratégie du fou. Ce concept, inventé par le couple Nixon-Kissinger en 1970 consiste à faire croire aux adversaires que l’on est prêt à tout pour les sidérer, sans limites. Et à ce stade, Trump ne dit pas qui il vise, la Chine ou tout le monde. Le plus invraisemblable est qu’il s’appuie pour agir sur une loi de 1962 pour protéger les Etats-Unis en pleine guerre froide.

Avec quel argument économique ?

Il l’a résumé dans une formule choc : «Il y a moins de Chevrolet à Berlin que de Mercedes à New York », il faut donc rééquilibrer. Cela a l’air frappé au coin du bon sens, mais à ce compte l’Europe peut rétorquer qu’on ne voit que Google et Amazon sur Internet.  Chaque pays marque des points en fonction de ses avantages comparatifs et de ses compétences, à condition que les échanges commerciaux soient fair, corrects, ce qui n’est pas le cas avec la Chine bien sûr mais plutôt vrai avec le Vieux continent. En définitive, les consommateurs américains seront les premiers impactés par la hausse du prix de l’acier importé, et dans des proportions supérieures aux emplois créés dans la sidérurgie. Au total, cette escalade est peu argumenté économiquement et reflète un aveuglement géostratégique.

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