Il y a un an jour pour jour, Louis Gallois remettait son rapport sur la compétitivité de l’industrie et le gouvernement présentait un plan en 35 mesures. Question simple, ce matin : quel bilan ? Si on cherche une image, c’est celle, je crois, du sous-marin, nucléaire ou pas. Il est là, le sous-marin, il est tout beau, il est bien profilé, (comme André Manoukian ici présent), il y a un équipage et de belles machines, mais le problème c’est qu’il ne fait pas de bruit et qu’on ne le voit pas. Il est là, mais où est-il ? Le Pacte de compétitivité, c’est pareil ! François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont fait un virage significatif vers une économie sociale-libérale, de l’offre, pro-entreprises. Ils ont mis 20 milliards d’euros sur la table, excusez du peu. Mais, un an après, les chefs d’entreprise restent dubitatifs, insatisfaits. Ils ne voient pas ce qui a changé, le choc de confiance attendu est devenu un choc de défiance.J’imagine qu’il y a plusieurs explications ? Bien sûr. D’abord, quand la conjoncture est mauvaise, tout le monde voit tout en noir. Hier, le Premier ministre a dit : la reprise est là. C’est vrai que ça va mieux, des indicateurs le disent. Mais le moral est façonné par les plans sociaux chez Fagor-Brandt, La Redoute, Tilly-Sabco. Ensuite, avec son crédit d’impôt compétitivité de 20 milliards, le gouvernement s’est montré habile, trop habile. Plutôt qu’un crédit d’impôt récupérable deux ans après, les entreprises auraient mieux réagi à une baisse des charges, directe, franche, lisible sur les feuilles de paie. C’est ce que Louis Gallois avait proposé.Mais tout ça, ce n’est pas l’essentiel ? Non, l’essentiel, évidemment, c’est que tout ce qui a été prévu de bien, ce qui a été promis par le pacte de compétitivité a été noyé par le climat général sur la fiscalité. Ce matin, Louis Gallois dit que l’industrie a touché le fond de la piscine. Mais sur les mesures Hollande, il dit aussi que ce qui compte, ce ne sont pas seulement les mesures une à une mais l’écosystème. Traduction : le climat fiscal, assez épouvantable. Jean-Louis Beffa, l’ancien patron de Saint-Gobain, un des rares dirigeants proches du gouvernement, a dit lui aussi ces jours-ci : il faut arrêter ce matraquage fiscal. Pour redonner confiance au pays.Bon, et maintenant, que devrait faire François Hollande ? Il peut prier pour que le souffle de la reprise soit plus important que ce que l’on voit pour l’instant, parce qu’à ce moment l’état d’esprit changera ! Pour le reste, on entend du monde réclamer une clarification, un grand discours sur les choix de Hollande. Bon, je crois que c’est un truc de journaliste, le grand discours. Parce que quand le discours a été fait, on le trouve décevant ! Le sujet clé n’est pas, pour le pouvoir, la ligne politique (comme en 1983 par exemple), elle est claire, mais parfois de compétence et souvent de leadership. Le commandant du sous-marin doit savoir où il va, mais aussi éviter les torpilles dès qu’il remonte à la surface et regarder non pas d’abord le chemin parcouru en disant regardez ce qu’on a déjà fait mais celui qu’il reste à parcourir.

Pour aller + loin

Rapport Gallois
Rapport Gallois © Maxppp

> Le rapport GalloisAprès des semaines d’attente, le rapport sur la compétitivité des entreprises conduit par Louis Gallois avait été remis au Premier ministre et rendu public le 5 novembre 2012. Il contenait 22 propositions pour redresser la compétitivité de la France.

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.