Vous avez décidé de regarder les prévisions économiques de Bruxelles, avec l’œil non pas du « french bashing », mais du « french celebrating ».

C’est l’œil que nous invitent à avoir tant François Hollande que Manuel Valls qui en ont ras le bol, disent-ils, de cette tendance à s’auto-dénigrer qu’ont selon eux les commentateurs et les Français eux-mêmes. Et le premier ministre, lundi, a expliqué qu’il fallait faire du french celebrating, la mise en avant des bonnes nouvelles. J’ai donc regardé sous un angle bienveillant les prévisions économiques semestrielles de la Commission pour la France, publiées hier. En tous cas, j’ai essayé – Patrick rattrapez-moi si je trébuche !

Parlons d’abord de la croissance.

Bruxelles -ironie, c’est Pierre Moscovici, le nouveau commissaire, qui l’a annoncé- prévoit que la France aura une croissance de 0,7% l’an prochain. Les esprits chagrins diront que c’est en-dessous du chiffre officiel du gouvernement français et en dessous de ce qui est attendu pour l’Allemagne. Les mêmes esprits chagrins relèveront que le score français sera égal à la … la moitié du score moyen de l’Union à Vingt-huit. Mais soyons positifs : 0,7% en France, cela sera mieux que la croissance de 2013 et que la croissance de cette année. Et mieux qu’en Italie.

La positive attitude est-elle plus facile sur le chômage ?

La Commission européenne table sur un chômage égal à 10,4% de la population active l’an prochain. La mauvaise nouvelle, c’est que le chômage ne baissera pas l’an prochain ; mais la bonne, c’est qu’il ne montera pas non plus et que la France restera heureusement loin du score désastreux de l’Espagne par exemple. Pour garder l’œil bienveillant du french celebrating -et avec un peu de second degré je vous l’accorde-, on lira la statistique à l’envers. Près de 90% des Français sont en emploi, neuf Français sur dix. Avec un peu de bonne volonté, on peut admirer le verre à moitié plein.

Et comment est le verre du déficit public ?

La montagne rose est encore plus difficile à franchir. Bruxelles parie sur un déficit des administrations publiques égal à 4,5% du PIB l’an prochain, seule l’Espagne fera moins bien. En 2016, sans mesures nouvelles, Paris aurait même le plus mauvais résultat de la zone euro. Mais regardons les choses différemment. Nous sommes champions d’Europe et c’est notre contribution à la lutte contre la déflation. Et puis, le déficit était à 4,9% en 2012, il sera selon Bruxelles à 4,7% dans deux ans ; c’est une amélioration. Les esprits bougons se diront que les dizaines de milliards d’euros d’impôts en plus ont disparu dans le sable. Mais on les laisse bougonner.

Redevenons sérieux : la situation n’est pas brillante ; qu’est-ce qui pourrait nous consoler ?

Aux dernières nouvelles, la France est toujours la 5ème puissance économique mondiale sur deux cents pays avec moins de 1% de la population mondiale. C’est un miracle dont on peut s’émerveiller chaque matin.

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Le blog de Dominique Seux

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