Vous commentez les premières pistes de réforme du droit du travail présentées hier par le gouvernement.

Oui et il y a deux manières de les voir. La première est de dire : il n'y avait pas grand-chose à en attendre, rien d'important n'a vraiment été annoncé hier et donc on n'est pas déçu. C'est vrai que l'information principale, le code du travail sera réformée d'ici deux ans, est presque comique. Deux ans, c'est après la présidentielle, c’est 2018 donc honnêtement, on ne voit pas à quoi cela rime. Si on rajoute le fait que Manuel Valls a redit très précisément que les 35 heures, le salaire minimum et le contrat de travail, ce qui n'est pas rien, pas question d'y toucher, la conclusion est shakespearienne : beaucoup de bruit pour rien. Voilà la première lecture. Mais il y en a une autre : et c'est celle de l'aveu. Le gouvernement se donne deux ans pour réécrire tout le code du travail, mais il va réécrire lui-même la partie temps de travail dans les tous prochains mois. 125 pages sur les quelques 3.000. Pile celles-là, pas d'autres ! C'est extraordinaire et intéressant : pas question de toucher aux 35 heures, mais on va quand même revoir le droit du temps de travail. Et le Premier ministre de donner quelques pistes pour faciliter le contournement des 35 heures. C'est un aveu formidable : François Hollande, le gouvernement, la majorité, répètent sans cesse que les lois Aubry d'il y a quinze ans ne posent aucun problème à l'économie. Mais ils envisagent de nouvelles dérogations alambiquées et qu'un petit patron n'aura pas le temps d'éplucher. Sans doute auront-elles le même destin et la même inefficacité que celles mises en place par Nicolas Sarkozy et François Fillon entre 2008 et 2012. En tous cas, cet aveu à vocation psychanalytique rappelle la chanson, « tout va très bien madame la marquise, tout va très bien … mais il faut que je vous dise, on déplore un petit rien, une bêtise… ! ».

Ces annonces calent en tout cas le prochain débat présidentiel.

C'est impressionnant. Un an et demi avant l'échéance, on sait déjà ce que veulent faire, sur le temps de travail François Hollande (toucher aux 35 heures par la toute petite porte), François Fillon et Alain Juppé (enfoncer la porte), Nicolas Sarkozy (l’ouvrir grand). L’ancien président est finalement le plus soft.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.