Une information ce matin : l’usage de pesticides est reparti à la hausse l’an dernier.

Pulvérisation de pesticides dans un champs du nord de la France (illustration)
Pulvérisation de pesticides dans un champs du nord de la France (illustration) © AFP / PHILIPPE HUGUEN

C’est une information découverte par un journaliste des Echos, Renaud Honoré, qui a épluché les rapports soumis aux députés à l’occasion de l’adoption, vendredi, du budget 2019 de l’agriculture. 

L’utilisation de pesticides a augmenté de 0,3% en 2017, alors qu’elle aurait dû reculer nettement pour respecter les engagements pris. L’indicateur clé en la matière, le Nodu, le nombre de doses d’unités de pesticides, s’est en effet établi à 94,2 millions

On est loin de l’objectif officiel réaffirmé au printemps : une baisse de 25% des produits phytopharmaceutiques d’ici 2020 et 50% d’ici 2025. 

Le gouvernement explique que le recours aux produits les plus dangereux aurait baissé de 6% tandis que celui des produits un peu moins dangereux aurait, lui, grimpé de 6%  (page 125). Les produits les plus dangereux sont ceux au potentiel cancérogène, je cite, « avéré », les autres ont un potentiel cancérogène, je cite, « supposé ». Pas très rassurant tout cela. 

Bien sûr, pour être juste, il faudrait regarder aussi l’évolution des surfaces cultivées mais en tout état de cause, cela montre l’échec des plans Ecophyto successifs, dont le dernier a  quelques mois. 

On le rappelle, la France est un des gros utilisateurs de pesticides même si, par hectare cultivé, elle serait plutôt dans la moyenne.

Mais ce qui choque est aussi ailleurs.

Je ne suis pas un spécialiste de ces questions agricoles, c’est évident. Donc une certaine prudence s’impose sur le commentaire. 

En revanche, ce qui est frappant est l’absence de transparence. Les chiffres dont on parle sont camouflés dans des rapports budgétaires (que l’on mettra en ligne sur le site de France Inter, avec un lien vers les corrections que souhaitait la Direction du Budget en 2017) et encore il faut recoller plusieurs documents pour établir des séries. 

Il est possible que dans la journée, le ministère de l’agriculture nous dise : pas du tout, ce n’est pas le bon indicateur. Mais quand même. 

On avait déjà appris dans la torpeur du 29 juillet dernier une hausse de 12% des pesticides entre la période 2009-2011 et 2014-2016. Là, il faut éplucher des documents budgétaires. L’amateur de statistiques regrette que les statistiques environnementales ne soient pas à la hauteur des statistiques économiques et sociales.  

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  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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