Pour la première fois depuis 2008, les chiffres montrent une légère baisse des prix des logements anciens. Une bonne nouvelle ?

Disons plutôt qu’il s’agit de l’amorce du commencement du début d’une bonne nouvelle pour les acheteurs ! Le retour à une situation acceptable est encore loin, surtout, à Paris. Cela étant, il y a, c’est vrai, une amorce, si l’on en croit les statistiques du réseau Century 21. Les prix de l’ancien se seraient tassés de 2,7% au troisième trimestre. C’est une moyenne. Sur la France entière, sept régions enregistrent une baisse, douze une hausse et partout le nombre de transactions chute. C’est en région PACA que les prix ont connu un recul significatif. Si on regarde l’Ile de France, les prix sont stables, en décrue dans les Yvelines, en crue (en augmentation) dans les Hauts-de-Seine et à Paris. Dans la capitale, au troisième trimestre, le m2 carré s’est négocié à 8.536 euros, le prix de la voiture d’entrée de gamme d’un constructeur aussi prisé que Volkswagen – pour un m2 !

Comment analyser ce tassement même relatif ?

Il y a un constat : la baisse du pouvoir d’achat immobilier, de la capacité à acheter. Les taux d’intérêt remontent, et les prix ont tellement progressé ces dernières années que les acheteurs ne suivent plus, surtout les jeunes et ceux qui n’ont pas de logement à vendre. Si on échange le microscope des yo-yo trimestriels pour une longue vue qui regarde le long terme, le tableau est saisissant. Les chiffres sont difficiles à trouver, il faut fouiller, mais ils sont révélateurs. En 1965, l’achat d’un logement représentait 2,6 années de revenus ; l’ordre de grandeur était le même en 2000, après l’éclatement de la bulle du début des années 90. A l’heure actuelle, devenir propriétaire coûte – en moyenne - plus de quatre années de revenus, plus de huit à Paris.

Comment le marché peut-il évoluer ?

Si je le savais, je ferais fortuné ! Les avis divergent, même chez les experts. Le conseil d’analyse stratégique, de Matignon, a publié une note défendant l’idée qu’il y une bulle, l’Insee juge l’inverse… Si on pense que les taux d’intérêt vont grimper, on se dit que la bulle va exploser. Si on regarde les fondamentaux du marché, l’allongement de l’espérance de vie, la multiplication des divorces, le raz le bol des transports en banlieue, l’insuffisance de la construction, on conclut qu’il n’y a pas de bulle. Choisissez !

Quelles solutions sont possibles ?

Le Parti socialiste défend l’idée de l’encadrement des loyers, mais cela ne concerne pas les ventes. En réalité, il faudrait construire davantage, quitte à rogner sur les pouvoirs des maires sur les restrictions sur la hauteur des bâtiments, les superficies constructibles. Les aides fiscales, souvent, ne servent qu’aux lobbies ; une baisse des droits de mutation pour encourager la mobilité serait plus efficace que déduire les intérêts d’emprunt. Bref, il faudrait un nouvel Haussmann et que les politiques placent ce sujet en haut de la pile tant il menace l’équilibre social.

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