Le comité d'entreprise d'Air France sera officiellement informé aujourd'hui du plan de réduction d'emplois après l'échec des discussions avec les pilotes. On parle de 2.900 postes supprimés et d'une réduction de l'offre commerciale de 10 % - c'est le fameux plan B. Il faut mesurer l'enjeu de ce qui se passe à Air France, qui a déjà connu plusieurs plans de redressement, qui devrait revenir à l'équilibre financier cette année, mais qui a encore un problème de compétitivité. Un certain nombre de personnes se disent peut-être : Air France, c'est une superbe marque, mais cela reste un service de luxe réservé à des privilégiés et, surtout, économiquement, c'est marginal. Erreurs ! Le secteur aérien, entre les compagnies et les aéroports, représente 2% du PIB français et plus de 200.000 emplois. Et le pavillon français assure la plus grosse part des activités des cinquante-cinq aéroports français (71 % exactement). La deuxième raison pour laquelle l'avenir d'Air France est crucial est que la France est dans une situation atypique. C'est le seul des grands pays européens qui aligne une seule grosse compagnie nationale. En Allemagne, il y a Lufthansa (un milliard d'euros de bénéfices) mais aussi Air Berlin, TUIfly et Condor. En Grande-Bretagne, il y a British Airways, mais aussi EasyJet, Virgin, Thomas Cook etc. Ici, Corsair et air Caraïbes existent mais sont nettement plus petits. Air France a un rôle très particulier. Et est attaquée sur les vols en Europe par les low-cost, qui s'approchent des 50% de part de marché. Qui est responsable des difficultés? Les compagnies du Golfe sont montrées du doigt, mais cela ne suffit pas. On peut incriminer Ryanair et EasyJet, mais les clients les plébiscitent et elles démocratisent incroyablement le transport aérien. Au passage, souvenons-nous que plusieurs des PDG d'Air France n'ont pas cru que le low cost mordrait leurs mollets. Quelle gravissime erreur d'analyse ! Mais l'essentiel reste clairement un problème de coûts. La moitié des lignes long courrier sont dans le rouge, et la totalité du court et moyen-courrier. Bref, ceux qui refusent, comme les pilotes, de venir sérieusement à la table des discussions, porteront une lourde responsabilité. Plan A comme Air France ; plan B comme bousillage.{iframe|daily|420|639|x38ljvq}

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