Vous commentez ce matin l’opération de sauvetage de l’usine de Belfort annoncée hier.

15 rames de TGV vont être achetées par l'État
15 rames de TGV vont être achetées par l'État © Maxppp / Sebastien JARRY

Pendant quelques heures hier matin, on n’a tout simplement pas cru à ce qui a été annoncé : l’Etat achète lui-même des TGV dont il n’a pas besoin avec de l’argent qu’il n’a pas. Mais si. Vous savez, il arrive parfois, quand un gouvernement (de droite ou de gauche) a un problème à régler, que l’emballage politique camoufle les petits bricolages économiques, les petits arrangements avec la raison économique. Ni vu ni connu, çà passe inaperçu. Mais cette fois je crois que la ficelle est tellement grosse que c’est la ficelle qui va rester. Car l’image qu’on gardera dans les esprits, c’est bien sûr celle des ouvriers de Belfort ravis que l’usine reste ouverte (et tant mieux pour eux). Mais ce sera surtout celle de TGV faits pour rouler à 320 kms heure qui rouleront sur des voies classiques à 180 kms heure.

Concrètement, l’essentiel du plan, on le rappelle, c’est la commande de 15 rames de grande vitesse qui assureront la ligne qui existe entre Bordeaux et Marseille, dans l’espoir que, dans une dizaine d’années, on construise une ligne TGV sur le même parcours et entre Montpellier et Perpignan. Or c’est très hypothétique. Et en attendant, acheter des TGV au lieu de trains classiques représente un surcoût de 30%, à l’achat et à l’exploitation. Le gouvernement a gentiment précisé pour ses successeurs que cela ne pèserait sur le budget qu’en 2019. Au total, le coût total du plan est de 730 millions d’euros. Si on rapporte cela aux 400 emplois menacés de déplacement (pas de suppression), cela représente une aide au maintien sur le site de Belfort de 50.000 euros par salarié et par mois pendant trois ans.

Vous poussez un peu : l’Etat a raison de s’occuper du dossier !

Quand Alstom il y a dix ans ou PSA Peugeot il y a trois ans étaient menacés de faillite, il fallait, oui, intervenir. Les entreprises étaient menacées. Là, il s’agit d’un site qui avait une panne de commandes parmi une douzaine de sites. L’Etat a voulu faire la soudure d’ici la présidentielle pour éviter un Florange-bis. Mais, si Alstom est content, si les salariés sont contents, le prix de la soudure est totalement exorbitant pour le contribuable. Et on attend de savoir quel est le prochain sauvetage. D’ici là, on exige un TGV sur la ligne C du RER à Paris, qui passe en bas de la Maison de la radio. Ce sera chic et joli.

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