Qui sont les gagnants de la politique fiscale et sociale du gouvernement ?

Qui sont les gagnants de la politique fiscale du gouvernement ?
Qui sont les gagnants de la politique fiscale du gouvernement ? © AFP / JOEL SAGET

C’est une question à laquelle veulent répondre des calculs de la direction du Trésor, à Bercy, qui sont bizarrement publiés très discrètement dans un rapport sur le Budget disponible en ligne. Un encadré et un graphique noyés dans un document de plusieurs centaines de pages : la stratégie de com est étrange alors que l’on ne parle que de président des riches ! Car que lit-on ?

Que les 10% de Français les moins favorisés verront leur niveau de vie, d’ici 2022, augmenter de presque 3%. Tandis que les 10 % les plus favorisés (le dernier décile) verront le leur grimper de 1,5% seulement. Donc moitié moins. C’est presque trop beau pour être vrai et c’est contradictoire avec le bruit général.

Alors d’où vient ce résultat ?

Bercy a, pour la 1ère fois, additionné les effets de toutes les mesures sur la table, y compris la baisse des APL : ISF, fiscalité du capital, taxe d’habitation, bascule des cotisations sociales vers la CSG. Mais aussi hausse de la prime d’activité, du RSA, de l’allocation handicapés, du minimum vieillesse et quelques autres. L’effet le plus massif vient de la quasi-suppression de la taxe d’habitation, qui pèse 10 milliards.

Alors, y a-t-il un loup ?

Il n’y en a pas et il y en a. Il n’y en a pas : si l’on agrège toutes les dispositions connues aujourd’hui, elles favorisent, relativement, les plus modestes. Mais en même temps, on sait qu’une hausse de 3% sur un revenu de 1.000 euros, cela fait 30 euros par mois, tandis qu’une hausse de 1,5% sur un revenu de 10.000, cela fait 150 euros. C’est vrai.

Même si cette façon de compter est la plus classique qui soit, on regarde les hausses de salaire en pourcentage par exemple. Le loup, en revanche, est qu’on n’a pas l’évolution du pouvoir d’achat des 1 ou 2% les plus aisés, ceux les plus concernés par la demi-suppression de l’ISF.

Au total, que conclure ?

Un : ce ne sont pas les plus pauvres qui financent les coups de pouce aux plus riches. Deux : je prends le pari que le loup sortira vite de la forêt fiscale et qu’on disposera très bientôt de simulations précises pour le très haut de l’échelle. C’est ce qu’on attend du Parlement. C’est indispensable. En se souvenant que, par définition, les cadeaux fiscaux de demain aux plus aisés devront aussi être comparés aux impôts qu'ils paient aujourd’hui.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.