Dominique Seux revient sur la compétitivité française vue par le célèbre classement du World Economic Forum de Davos. La France perd encore deux places.

Elle est classée 23ème pays au monde sur 148 pour sa compétitivité, en recul de deux places sur un an, de huit sur trois ans. Ce baromètre, malgré ses défauts, ses limites, dit quelque chose : la route est encore longue pour remonter la pente inquiétante décrite par le rapport Gallois il y a presque un an, rapport incontestable et d’ailleurs incontesté. Il dit, ce baromètre, que les mesures prises par le pouvoir, qu’il s’agisse du crédit d’impôt compétitivité, de l’accord sur la flexibilité de l’emploi, devront, devraient, être suivies d’autres. La 23ème place, c’est loin derrière la Suisse, numéro un, l’Allemagne, numéro quatre, ou la Grande-Bretagne, numéro dix. Cette place est le résultat d’indicateurs économiques « bruts » et de l’avis de 13.000 chefs d’entreprise du monde entier. Naturellement, on peut suspecter beaucoup d’a priori et de french bashing. Naturellement, qu’une étude faite en Suisse place la Suisse en tête fait sourire ! Mais la snober, ce serait croire que le monde entier nous veut du mal, de Singapour à New York, de Montréal à Rome : pourquoi donc ? Ce serait mettre la tête dans le sable. Cela montre le danger qu’il y aurait à croire que la petite reprise économique actuelle dispense d’agir au fond.

Ce classement est surtout intéressant dans le détail.

Oui, exactement. D’abord, on voit que le recul de cette année s’explique par une inquiétude sur la solidité de nos banques, trop grosses. Là, le gouvernement n’y est pour rien. Ensuite, on voit aussi nos atouts, qu’il ne faut pas passer sous silence. Par exemple, la France est classée 4ème au monde pour la qualité de ses infrastructures (le TGV, les routes), 5ème pour la qualité de ses écoles de commerce, 16ème pour sa capacité à innover, 17ème pour sa maturité technologique. Bravo ! En face, les points noirs sont connus et rabâchés. Aïe : nous sommes au 130ème rang pour le poids de la règlementation, au 134ème pour la pression fiscale et à la 140ème pour la facilité à embaucher et licencier – en tous cas, c’est notre réputation. Problème : si on bombe le torse sur ce qui va bien, difficile d’envoyer au Diable ce qui ne va pas. On peut se lamenter. Ou se dire que nous gâchons nos atouts.

Autre information ce matin : votre journal Les Echos , révèle la suppression d’une réduction d’impôt qui concerne beaucoup de monde.

Le gouvernement prévoit de supprimer totalement la réduction d’impôt pour les enfants scolarisés dont bénéficient plusieurs millions de familles : 61 euros pour un collégien, 153 pour un lycéen, 183 pour un étudiant. Pour une famille avec trois enfants, un étudiant, un lycéen et un collégien, la hausse d’impôt sera à un chouia près de 400 euros. La pause fiscale ne concerne pas tout le monde et pas les familles nombreuses imposables quel que soit leur revenu, que le gouvernement a manifestement dans le nez depuis un an.

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