Après le droit du travail jeudi, le gouvernement lance ce mardi ses réformes pour les indépendants.

Ce n’est pas un hasard si la seconde réforme après celle du droit du travail -qui fait la part belle aux petites entreprises-, si cette deuxième réforme, dévoilée aujourd’hui, concerne aussi des « petits » : les commerçants, les artisans, les professions libérales, les micro-entrepreneurs -ce sont les ex-autoentrepreneurs. Edouard Philippe la présentera tout à l’heure à Dijon, avec notamment la suppression du RSI, le Régime social des Indépendants, surnommé un temps le Racket Sans Interruption ! Certains diront peut-être, en cherchant le cynisme ou le loup, qu’Emmanuel Macron joue la carte de l’économie d’en bas pour préparer ce qui viendra dans quelques semaines sur l’impôt sur la fortune, l’économie d’en haut. Peut-être. Mais pas forcément. Et en tous cas pas seulement. Car ce choix correspond clairement à la lecture qu’Emmanuel Macron fait de la politique économique. Il cherche davantage à identifier et à lever des verrous qui bloquent -pense-t-il- ici ou là l’économie plutôt qu’à jouer sur les grandes politiques qui déplacent des dizaines de milliards d’euros avec des baisses ou des hausses d’impôts ou de dépenses. La politique d’acupuncture plutôt que la politique hydraulique des robinets que l’on ouvre ou ferme. On peut penser qu’il a tort ou qu’il a raison, c’est une évolution notable.

Mais aider les indépendants et les petites entreprises est compliqué.

D’abord parce que cette catégorie est hétéroclite, sociologiquement et économiquement : quoi de commun entre un boulanger et un cabinet d’avocats ou d’architectes ? Ensuite parce que privilégier les petits acteurs économiques est juridiquement compliqué et ne passe pas toujours bien. Dominique de Villepin ici présent a essayé en 2005 de créer le Contrat de travail Nouvelles Embauches pour les entreprises de moins de 20 salariés, il a vite été déclaré illégal. Le système des autoentrepreneurs reste lui-même accusé de tous les maux par les artisans. Enfin, les mesures pour les petits n’intéressent pas grand monde notamment intellectuellement et une fois passées les belles annonces avec de belles images télévisuelles -on a tous déjà vu un 1er ministre qui mange des chocolats avec une charlotte sur la tête-, le soufflé retombe jusqu’au plan suivant. On verra ce qu’il en est cette fois.

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