Comme l’a décidé Donald Trump, l’Amérique va appliquer à partir de ce soir des sanctions commerciales sur l’Iran. Faut-il s’en inquiéter ?

Le ton se détend économiquement entre Donald Trump et Hassan Rohani
Le ton se détend économiquement entre Donald Trump et Hassan Rohani © AFP / HO, NICHOLAS KAMM / AFP / IRANIAN PRESIDENCY

A priori, non. Depuis qu’il est à la Maison Blanche, Donald Trump a déjà annoncé toute une série de sanctions commerciales, et ça n’empêche pas la Terre de tourner. En plus, les mesures contre Téhéran devraient être appliquées en deux temps. Les plus importantes, celles qui touchent le pétrole, n’entreront en vigueur que dans trois mois. De quoi laisser du temps pour calmer le jeu, pour négocier, comme l’a laissé entendre le président américain la semaine dernière.

Mais comme d’autres décisions de Trump, l’embargo sur l’Iran pourrait aussi déclencher une réaction en chaîne catastrophique : déstabilisation économique et politique du pays, tensions militaires au Moyen-Orient notamment autour du détroit d’Ormuz où passe le quart du pétrole consommé dans le monde, et enfin flambée de l’or noir sur un marché aujourd’hui plutôt tendu.

Que veut vraiment Donald Trump ?

Difficile à savoir. Lui veut sans doute isoler l’Iran du reste du monde, brandir une victoire symbolique contre le meilleur ennemi de son pays. Autour de lui, de bonnes âmes vont plus loin, rêvant de mettre en place à Téhéran un régime plus favorable aux Américains. Sans avoir apparemment le moindre souci sur les questions d’énergie. C’est le point le plus frappant dans cette histoire. Les Etats-Unis ont certes doublé leur production de pétrole en dix ans, redevenant le premier producteur mondial devant l’Arabie saoudite et la Russie. Mais ils sont aussi le premier consommateur mondial, et de très loin. L’Amérique de Trump importe encore le tiers de son pétrole, plus de 6 millions de baril chaque jour.

Certains parleront d’un pari audacieux : pile, nouveau régime à Téhéran, face choc pétrolier. Le plus probable, c’est que Washington se tire une balle dans le pied, comme avec les sanctions sur l’Europe et la Chine. Cela pourrait même devenir la marque de fabrique de la présidence Trump.

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