L’industrie automobile française va subir une très nette baisse de sa production l’année prochaine. Faut-il s’en inquiéter ?

Le Peugeot 2008 actuellement assemblé à Mulhouse va déménager en Espagne à Vigo, dans une nouvelle version
Le Peugeot 2008 actuellement assemblé à Mulhouse va déménager en Espagne à Vigo, dans une nouvelle version © AFP / Sébastien Bozon

Ce sont des prévisions très alarmantes que publient Les Echos ce matin : la production de l’ensemble des usines automobiles va chuter en France de plus de 20 % l’année prochaine. Elle était de 2,2 millions cette année ne sera plus que de 1,7 million l’an prochain. 

C’est étonnant parce que l’industrie automobile française s’était refait une santé depuis  2013 qui avait été une année catastrophique pour elle, en pleine crise de la zone euro.

Pourquoi ce coup de frein ? 

D’abord à cause du ralentissement conjoncturel mondial. Ralentissement à l’origine d’une baisse de 100 000 ventes l’an prochain. Les fameux SUV, ces 4x4 urbains un peu tape-à-l’oeil qui donnent aux citadins l’impression d’être des aventuriers : ils seront les plus touchés par ce phénomène. Ils ont connu une folle croissance ces dix dernières années  mais beaucoup d’experts pensent qu’on arrive à un tournant et que les constructeurs ne pourront plus compter sur eux pour se faire des marges mirobolantes. Il faut dire qu’en plus, ces véhicules ne sont pas très climato-compatibles comme diraient  les amis d’Anne Hidalgo.   

Des raisons structurelles à ce repli attendu de la production automobile

Ce sont même les plus importantes. On parle de raisons structurelles mais c’est une façon polie de parler des nouveaux programmes de délocalisation des productions. Le Peugeot 2008 actuellement assemblé à Mulhouse va déménager en Espagne à Vigo, dans une nouvelle version. La Peugeot 208 elle, part au Maroc, et l’Opel Grandland X quitte Sochaux pour l’Allemagne. 

Chez Renault, dont la part de production en France n’est plus que de 18% , c’est la même stratégie. La nouvelle Clio est délocalisée en Turquie, ce qui va provoquer une perte de production de 41 000 véhicules.  Il y a évidemment là de quoi inquiéter les salariés de l’usine de Flins. D’autant que la Nissan Micra sur laquelle ils comptaient pour compenser ce départ de la Clio se vend moins que prévu.  

Ce qui marche en revanche très bien, c’est Zoe la voiture électrique  - Renault en a vendu 40 000 l’an dernier et veut doubler son objectif. C’est très bien mais cela ne suffira pas à occuper tout le site de production.

Cette mauvaise passe pour l’automobile française va t-elle durer ? 

Les experts parient sur une stabilisation autour de 2 millions de véhicules à partir de 2021. C’est mieux mais on est loin du niveau du début des années 2000, où on produisait 3 millions et demi de voitures par an. Alors pourquoi cette baisse de régime ?  

Pour trois raisons. 

  1. Un marché mondial en fin de cycle, avec des ventes qui se replient en Europe et en Chine. 
  2. Un passage à l’électrique qui va bouleverser en profondeur la chaîne de valeur de cette industrie. 
  3. Enfin, la révolution de la mobilité et des services –  on n’achète plus sa voiture, on la loue ou on la partage. 

Bref trois chocs concomitants qui annoncent que l’industrie automobile française ne repartira pas de sitôt sur les chapeaux de roues.

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