La dette de la Sécurité sociale diminue à grande vitesse

Pas encore la fin du « trou de la Sécu », mais une telle perspective, qui suscitait les railleries, n’est plus une vue de l’esprit. L’annonce est passée inaperçue hier pourtant, la Caisse d’amortissement de la dette sociale a publié un bilan très encourageant : 15 milliards de dettes ont été remboursés l’an dernier, un record. Il reste un bout de chemin à faire, mais plus de la moitié des 260 milliards accumulés en 20 ans - excusez du peu - ont été effacés. La loi impose un remboursement complet d’ici à 2024. Et le délai, maintes fois repoussé par le passé, devrait être respecté. Parce que le Parlement a mis des verrous plus solides. Et parce que la Sécurité sociale ne génère plus de nouvelles dettes. Les recettes de la Caisse, une part de CSG et la fameuse CRDS, servent uniquement à rembourser les vieux emprunts. Ça va beaucoup plus vite. D’autant que les frais financiers de la Sécu sont minimes, les taux d’intérêt sont même négatifs !

On rembourse la dette de la Sécu, mais en attendant, les hôpitaux et les maisons de retraite manquent de moyens…

Oui on a d’ailleurs vu Emmanuel Macron être pris à partie par des infirmières, hier à Rouen. Le chef de l’Etat a promis des « décisions très importantes » d’ici à l’été, avec des investissements à la clef. Il semble que l’Elysée soit prêt à desserrer un peu les cordons de la bourse. Mais une des raisons de la pression sur le système de santé vient justement du fait que l’on prélève chaque année 15 milliards de taxes uniquement pour rembourser la dette, c’est-à-dire des soins que l’on avait payé à crédit. Si la majorité actuelle ne laisse pas de nouveau filer les comptes, la Caisse de la dette sociale s’éteindra dans 5 ou 6 ans. On pourra alors rayer d’un trait de plume un point de CSG. Bon soyons réaliste, ce n’est pas le scénario le plus probable. Ces 15 milliards pourraient en revanche être consacrés aux besoins qui sont devant nous - les médicaments innovants, les retraites, la dépendance. Cinq ans, c’est loin. Mais mettre un terme à cette anomalie qu’est la dette sociale, ça en vaut la peine.

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